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Annales de la cité - 2

Frederik POHL

Titre original : The years of the city, 1984

Traduction de William Olivier DESMOND
Illustration de Philippe GAUCKLER

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 441
Dépôt légal : avril 1987
192 pages, catégorie / prix : 9
ISBN : 2-207-30441-8
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     A l'occasion d'une crise grave qui a plongé New York dans le chaos, urbanistes, hommes politiques, informaticiens, aigles de la haute finance, ont fait travailler leur imagination. Pour changer la ville et, peut-être, changer la vie. Désormais, on peut faire du deltaplane sous le double dôme qui recouvre l'île de Manhattan... à condition de ne pas se faire prendre par la police, car on risque alors de devenir un TUC (Travailleur Urbain Condamné).
     Et si l'on est rendu à la santé et à la vie civile après plusieurs décennies passées en congélation, reste à s'habituer à un univers urbain où les rapports humains, les coutumes alimentaires, les instances administratives, ont subi des transformations aussi radicales que le décor.
     D'aujourd'hui à l'aube du XXII° siècle : Si New York m'était conté...
L'auteur :
Né à New York en 1919, Frederick Pohl est, tant par ses activités littéraires qu'éditoriales, l'un des piliers de la science-fiction américaine.
Il est le coauteur d'un des classiques du genre (Planète à gogos, Présence du Futur) et l'auteur d'une oeuvre considérable couronnée par cinq prix Hugo, deux Nebula, un Campbell, un Smith et un Apollo.

    Sommaire    
1 - Ciel de rechange (Second-Hand Sky), pages 7 à 82, trad. William Olivier DESMOND
2 - Gwenanda et sa bande (Gwenanda and the Supremes), pages 83 à 182, trad. William Olivier DESMOND
 
    Critiques    
     Ces annales-là sont constituées de cinq novellettes (ou nouvelles ? Je n'ai pas pesé...) retraçant, non pas l'évolution de New York, mais plus simplement et plus modestement des fragments de destinées individuelles insérées dans l'évolution de la ville entre la fin de ce siècle et le milieu du suivant. Pohl, qui avoue dans une courte préface aimer les villes et craindre de les voir passer au rang d'espèce menacée, n'a pas voulu faire œuvre de sociologue, et n'a fait que se projeter dans un futur étagé où l'auteur de science-fiction lui-même reste très en retrait, très gommé — si l'on songe aux vastes épopées, à l'imagination à la fois fastueuse et toujours guidée par le réalisme, que Pohl a réalisées en d'autres œuvres. En fait, ces annales-là sont un ensemble de rêveries sur une ville que l'écrivain aime, et qui remontent, nous dit-il, à une conversation qu'il eut avec John Lindsay, son maire, en 1973. Des rêveries qui, on le sent, font si bien partie de l'existence contemporaine de Pohl, que les lester d'un back-ground lourdement technologique, d'une futurologie événementielle fertile, l'en aurait exclu. Il n'en était évidemment pas question, et les emprunts à l'anticipation se bornent à quelques développements électroniques inévitables, et surtout à la construction au-dessus de Manhatan d'une sorte de dôme de Fuller anti-pollution, à l'intérieur duquel de hardis casse-cou se livrent aux joies du deltaplane en se jetant du sommet des plus hauts gratte-ciel (Ciel de rechange).
     Le reste emprunte à la critique du capitalisme, au banditisme, aux désagréments de la violence urbaine et de l'envahissement des ordures la plupart de ses ingrédients (L'aménagement de Bedford-Stuyvesant est un thriller assez trépidant à l'intérieur de ce corpus plutôt statique). Il y a aussi de mignonnes histoires d'amour pimentées d'un zest de sexe (là encore Pohl a fait plus fort ailleurs), ainsi dans Ciel de rechange, encore, décidément la meilleure historiette du total. Qu'on ne cherche donc pas dans The Years of the City un équivalent à l'insurpassable Tous à Zanzibar de Brunner, pas même au mastoc mais finaud 334 de Thomas Disch. Seulement des flâneries, une ballade, qui ne manque pas d'humour — mais le contraire eût étonné. Ainsi de ce fort raccourci historique : « En 1643, les Indiens ont scalpé un Hollandais en bas de Broadway. Les Hollandais se sont vengés, et le match s'est soldé par un score de 200 à 1 en leur faveur » (tome 1, p. 14). On apprend aussi qu'un TUC est un Travailleur Urbain Condamné (bravo le traducteur : ici William Desmond), et on fait connaissance avec la genèse de la nourriture de base du new-yorkais du début du 21e siècle : « Sans la moindre défaillance, les intestins de chaque citoyen produisaient quotidiennement plusieurs centaines de grammes de matières fécales solides, qui se transformaient en un poids pratiquement équivalent de protéines à algues dans les réservoirs de décantation... » (p. 66, tome 2). Oui, il y a deux tomes, pour un total de 455 pages. Malgré la description ci-dessus, elles s'avalent comme du scotch avec glaçons, et quand on a fini, la frustration est grande que ça ne continue pas...
     C'est que Pohl bavarde beaucoup sans nous dire grand'chose. Son bavardage est drôle, vif, charmeur, avec un brin de nostalgie pour ce qui n'est plus, pour ce qui sera (ou ne sera pas) et que l'auteur en tout cas ne verra pas. Bref, un ouvrage énormément sympathique, mais qui n'est guère plus que cela, et ce sont ses limites.


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/1/1988 dans Fiction 393
Mise en ligne le : 19/11/2002


 

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