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L'Arbre d'or

Michel GRIMAUD



Illustration de Donald GRANT

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 370
Dépôt légal : décembre 1983
222 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-207-30370-5
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Dans ce royaume d'opérette où le roi coupe joyeusement la tête de ses sujets avec la bonhomie d'un Ubu déchaîné, où les voitures à pédale font bon ménage avec les téléphones, où les téléphériques interplanétaires côtoient la télévision, où les palais on cinq cents étages et les ponts cent kilomètres de long, une population tout entière s'est lancée à la recherche du légendaire Arbre d'Or.
     Poésie, amour, satire, aventures, dans un décor d'un gigantisme médiéval qui rappelles les bandes dessinées de Christin et de Mézières... Voilà longtemps que la S.-F. ne nous avait pas donné tant de truculence associée à tant de tendresse et de joie de vivre.
L'auteur :
Michel Grimaud est le pseudonyme collectif d'un couple, Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse, qui vit dans le midi.
Ils écrivent ensemble depuis 1968 et ont publié sous ce pseudonyme des romans pour la jeunesse et quelques nouvelles.
Présence du Futur a déjà présenté de ce double auteur Malakansar et La Dame de cuir.
 
    Critiques    
     L'arbre d'or. En lisant ce titre pour la première fois, j'ai pensé à Michel Tournier et à son conte pour enfants grandis, Barbedor. L'arbre d'or, lui, est un roman pour adultes-enfants. Un conte pour sages lecteurs pas sages, prêts à se laisser entraîner en un pays où les arbres sont en or, les tyrans tyranniques, les géants noirs des bombes sexuelles, les voitures à pédales et la science-fiction aux orties. . Michel Grimaud a toujours su mêler la réalité au rêve de l'enfance. Peut-être pour aider ceux qui rêvent beaucoup à garder la conscience de la réalité. Ou pour aider ceux qui réalisent trop à prendre conscience de l'ouverture du rêve. Pourquoi trancher ? Si la ville est sans soleil, le paradis aux autres, Grimaud dénonce les responsables et réinvente ville, soleil, paradis et autres...
     Malakansar (Denoël, PdF n o296), déjà présentait la quête d'un rêve inaccessible : une cité perdue où les statues s'animaient pour semer la terreur mais où, aussi, la beauté résidait. A moins qu'elle ne soit dans le seul voyage. Quête, encore, d'un amour impossible dans La dame de cuir (Denoël, PdF n °325) dans lequel un homme éperdument épris d'une femme extra-humaine tentait de la sauver, avec tout son amour. En vain ; la bureaucratie, la peur de l'Autre, restaient les plus forts. Ce livre sensuel s'achevait dans la tristesse. Quant à L'arbre d'or, il se situe aussitôt dans l'univers du conte. Du conte, et des conteurs. Et c'est un conteur qui conte aux Terriens ce conte de conteurs qui, dans un automne improbable, se sont un jour réunis pour partager, mettre en commun les bribes du conte, les lambeaux du rêve, et restituer ainsi de leurs voix plurielles la mosaïque dispersée. Jamais, d'ailleurs, le jeu de miroirs entre le texte du conte et les dits des conteurs extérieurs à ce conte (mais pas au conte du conteur premier) ne sera tout à fait élucidé. Le livre reste nimbé de brume.
     Budiban est roi de nombreuses planètes. Roi cupide, peureux, stupide. Un matin, il apprend que son peuple échappe à la misère totale en partageant un rêve splendide dont il est exclu : le rêve d'un arbre d'or, d'une beauté fabuleuse, qui pousse on ne sait où. Il décide que cet arbre, que ce rêve qui a pris corps et écorce, sera à lui. Il envoie ses sujets à sa recherche dans une gigantesque croisade dont le vainqueur, celui qui ramènera intact l'objet de la convoitise du souverain, recevra un fagot d'or. Alors, tous, ils partent. Le roi, et sa cour, Ebril, la Mauve qui sait vibrer les émotions, Mamboule et ses enfants, l'Gamin et, l'Gamin Génor, le géant qui seul sait la satisfaire, Roucou, le paysan déraciné qui deviendra déracineur, Vic, le vendeur de ballons, et Sarbo, le vendeur de ficelles, Bel-Air, le flic, et d'autres, beaucoup d'autres. Personnages attachants, croqués avec tendresse et vérité. Sans oublier Iva, la femme-forêt aux dimensions d'une planète, si belle, aux incarnations si changeantes et chantantes...
     Au bout de la quête, au bout du rêve, il y aura eu les aventures, l'amour, la désillusion, mais aussi l'espoir qui renaît. Au bout du conte, les conteurs auront connu les mêmes sentiments, parlé les mêmes espérances. Le livre ne s'achève pas, il s'ouvre, telle une fleur ayant longtemps dissimulé son parfum, ses couleurs. Ils ne s'oublient guère, ce parfum, ces couleurs, ils s'installent dans votre esprit, chatoient dans vos narines, dansent sous votre regard et composent un souvenir attachant et chaleureux.
     Cet univers d'humour, de truculence, de paillardise, est magnifié par une prose d'une beauté rare, précieuse avec retenue, gouleyante comme un vin du Midi. De ce Midi où vit et écrit le couple qui compose Michel Grimaud.
     En fait, je l'avoue, il m'est impossible de présenter une véritable critique de L'arbre d'or. Tout au plus puis-je essayer de vous donner envie d'entamer le voyage. De suivre ses péripéties, d'oublier et les conventions et les codes pour basculer dans un rêve au parfum d'enfance et au regard d'adulte.
     Cet arbre, il dort quelque part, c'est sûr. Dans nos facultés d'émerveillement. Dans une innocence acceptée car lucide. Lumineuse. Comme un arbre d'or... Laissez-vous emporter...


Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/3/1984 dans Fiction 349
Mise en ligne le : 1/11/2005


 

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