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Avance rapide

Michael Marshall SMITH

Titre original : Only Forward, 1994

Traduction de Grégoire DANNEREAU
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5659
Dépôt légal : septembre 1998
320 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-266-07895-X   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Quand on met Stark sur un travail, c'est que toutes les solutions classiques ont échoué. Son intervention étant souvent celle de la dernière chance, il serait malvenu de se formaliser de méthodes plutôt... détonantes.
     En un monde où la technologie peut faire des merveilles – mais les fait systématiquement de travers –, Stark a pour vocation de remettre les choses dans le bon sens. Cette fois, il doit retrouver un certain Alkland, un ingénieur du « Centre », qui vient de disparaître sans laisser de traces : le genre d'homme qu'il vaudrait mieux éviter de chercher quand on veut finir ses jours en paix.
     Dans la gigantesque Cité, dont chaque quartier, livré à l'anarchie, est l'équivalent d'une ville du XXe siècle, Stark va bientôt vérifier une des plus vieilles lois de l'humanité : résoudre un problème est un moyen sur d'en faire surgir d'autres ! Sa vie tournant au cauchemar – littéralement ! –, Stark s'énerve de plus en plus. Une bonne raison pour éviter de croiser son chemin !

     Michael Marshall Smith a la plume heureuse. Sa première nouvelle, « The Man Who Drew Cats », a remporté le British Fantasy Award. En 1992, notre auteur a double la mise. Scénariste pour la télévision anglaise, il travaille, dit-on, à une adaptation du célèbre « Imajia ». Il ne manque pas non plus de projets au cinéma. Avec ce thriller du futur qui conjugue suspense et spéculations technologiques – les réalités virtuelles sont à nos portes –, Marshall Smith nous propose, comme dit Clive Barker « un voyage dont on revient tremblant mais ravi. Des débuts extraordinaires ».

    Prix obtenus    
British Fantasy, august Derleth Award, 1995

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     Un honnête polar de plus, se dit-on au fil des premiers chapitres : Stark est le privé caricatural, solitaire cynique et ironique, noyant sa déprime dans l'action. Le ton est alerte et humoristique, aussi se laisse-t-on bercer, jusqu'au moment où... tout bascule ! Et Stark passe de l'autre côté du miroir...
     Ce n'est qu'alors que le lecteur comprend peu à peu qu'il a été mené en bateau, d'autant plus que l'histoire est racontée à la première personne par le héros qui semble nous prendre à témoin alors qu'il ne cesse de dissimuler la vérité.
     Stark avouera plus tard n'être qu'un Philip Marlowe de pacotille et que son enquête ressemblait à un scénario de série B, clin d'oeil de l'auteur qui a dans la première partie du roman utilisé tous les clichés du polar pour jouer au chat et à la souris avec son lecteur.
     Peu à peu, le récit prend un tour de plus en plus personnel. Souvenirs d'enfance, rêves et cauchemars s'entremêlent pour nous dévoiler une histoire d'amour, d'amitié et de mort, qui constitue la clé de l'énigme.
     Avec un suspense parfaitement maîtrisé, sans un temps mort et avec humour, cette étrange histoire se situe aux frontières du polar, de la science-fiction et du fantastique. Une belle réussite, d'autant qu'il s'agit d'un premier roman.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/10/1998 nooSFere


     Soit, premièrement, une mégalopole compartimentée en quartiers dont certains vivent en autarcie. Dans le quartier des Actionneurs — les décideurs de l'avenir — , un personnage important s'évanouit sans laisser de traces, et les autorités contactent Stark, qui n'a pas son pareil pour retrouver ce qui a disparu, afin qu'il lui remette le grappin dessus. Soit, deuxièmement, une mégalopole flottante immobilisée au-dessus de la Virginie, où se réfugie Jack Randall, un ex-flic paumé qui a passé cinq ans de sa vie à veiller sur des clones élevés pour servir à des greffes d'organes, et dont la vie a basculé lorsqu'il s'est pris d'affection pour ce cheptel humain. Et comme les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles en ont l'air, Stark et Randall vont avoir droit à leur content de surprises alors même qu'ils croyaient avoir résolu leurs problèmes respectifs...
     Révélé par ses extraordinaires nouvelles de terreur, Michael Marshall Smith a surpris ses lecteurs en choisissant la SF pour passer au stade du roman. En fait, autant Avance rapide que Frères de chair sont des hybrides : l'intrigue ressortit au thriller, le décor à la SF et l'ambiance se partage entre l'humour le plus décapant et l'horreur la plus noire. On est certes tenté de déceler les influences qui ont pu aboutir à ces cocktails détonants, et si Smith avoue son admiration pour Philip K. Dick (voir entretien dans Ténèbres n° 4), ses machines bavardes — l'IA gérant le quartier Coloré critiquant la tenue vestimentaire d'un protagoniste, un réfrigérateur dissuadant un consommateur d'acheter ses produits prétendument frais — évoquent davantage Robert Sheckley, même si Smith semble passionné par les simulacres de réalité à la sauce dickienne. Smith a cependant un ton, une voix qui n'appartiennent qu'à lui, et il sait à merveille trouver le point d'équilibre entre le sarcasme et le désespoir.
     Une petite réserve : il est paradoxalement regrettable que ses deux premiers romans sortent simultanément en France car, avec le recul, Avance rapide apparaît un peu comme le brouillon de Frères de chair, nettement plus maîtrisé au niveau de la construction, avec lequel il présente de nombreuses ressemblances — structure gigogne et accumulation des effets de surprise — , quoiqu'il soit nettement moins noir. Les éditions Calmann-Lévy annoncent d'ores et déjà la prochaine publication du troisième roman de Michael Marshall Smith, One of Us, qui confirme que notre auteur fait des progrès à pas de géant.

Jean-Daniel BRÈQUE
Première parution : 1/12/1998 dans Galaxies 11
Mise en ligne le : 1/2/2001


     Nouveau venu dans le paysage de la science-fiction, Michael Marshall Smith fera très rapidement parler de lui s'il poursuit sur sa lancée. Sa prose ressemble à du Sheckley survitaminé avec un solide sens du rythme et de l'action. Le narrateur, Stark, une sorte de détective privé chargé des missions difficiles, a le sens du raccourci et de la répartie. Dans cette société, les quartiers, à l'échelle de villes, sont cloisonnés par spécialités : pour visiter le quartier Rouge, très délinquant, on descend à Fuck Station Métro ; soyez inventifs dans l'art de vous habiller, les murs du quartier Coloré vous en seront reconnaissants ; le quartier du Son, par contre, déteste le bruit ; le quartier Stable, le plus fermé, est un cauchemar de vie moyenne et étriquée, mais il semble préférable au quartier Centre Action où les Actionneurs ne perdent jamais leur temps (le bracelet montre décomptant leur temps de rendez-vous explose à la fin de l'entrevue !). Stark est chargé de retrouver un homme d'affaires qui a disparu, tâche dont il s'acquitte assez facilement dans le premier tiers du roman.

     Mais c'est pour plonger dans de plus grands ennuis quand il est avéré que son protégé est malade de ses rêves et risque de mourir pour cela. De polar cyberpunk, le roman bascule dans un délire cauchemardesque où la réalité semble remise en question, où la vie rêvée prend le pas sur le reste et où la seule issue passe par la connaissance de soi. Du grand art !

     Un ton goguenard des plus réjouissants, une intrigue savamment bâtie, un univers délirant pas si décalé du nôtre qu'en apparence, un humour ravageur omniprésent qui ne nuit pas à l'action ni n'empêche pas les passages chargés d'émotion, Avance rapide est une petite bombe littéraire qui fera du bruit.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/1998 dans Bifrost 11
Mise en ligne le : 1/11/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition BRAGELONNE, (2002)


     Une fois n'est pas coutume, il va être question ici d'une initiative originale dans le monde de l'édition française, la réédition en grand format d'un roman d'abord paru en collection de poche (en 1998, chez Pocket). Qu'est-ce qui peut justifier que le lecteur-consommateur sacrifie vingt de ses précieux euros pour un texte qu'il trouvera sans mal à moins d'un tiers du prix dans une autre édition ?
     D'abord, comme souvent chez Bragelonne, le livre est beau, doté d'une superbe illustration de couverture signée Alain Janolle, qui a visiblement lu le roman et rend justice au texte de Michael Marshall Smith. Si, comme moi, vous attachez une grande importance à l'emballage, vous ne pourrez qu'être séduit. Ensuite, l'éditeur nous gâte avec une très intéressante préface de Jacques Baudou, qui revient sur la carrière de Michael Marshall Smith depuis la parution de ce roman, en 1994 (pour la version en langue anglaise).
     Voilà pour l'objet. Le texte lui-même n'a pas eu à sa sortie l'accueil qu'il méritait de la part du lectorat français, qui s'est plutôt intéressé à l'œuvre de Michael Marshall Smith avec son deuxième roman (Frères de chair, dont la sortie s'était accompagnée d'un dossier consacré à l'auteur dans la revue Ténèbres). Or c'est un formidable premier roman, susceptible de plaire aux passionnés de SF (l'action se déroule cinq cents ans après notre époque, et le futur décrit par l'auteur ne ressemble à rien de ce que vous avez pu lire jusqu'à présent), aux amateurs de fantasy et de fantastique (le héros a le pouvoir d'entraîner les gens dans le Jeamland, un pays onirique totalement imprévisible, à la fois mortel pour ses visiteurs, et follement drôle pour le lecteur) et même aux aficionados de polar — Stark, le héros, est un de ces privés du futur dont l'histoire de la SF est jalonnée. On trouve dans ce premier roman tous les thèmes que Michael Marshall Smith développera par la suite : un personnage central marqué par son passé (que l'auteur nous dévoile par petites touches), qui essaie de se construire un avenir dans un futur plutôt hostile, le tout avec un humour omniprésent. On sourit beaucoup dans Avance rapide (les objets, soi-disant intelligents, ont une fâcheuse tendance à se retourner contre leurs propriétaires), on tremble (il y a de vraies scènes de terreur), et on s'émerveille aussi (l'imagination déployée par l'auteur dans la description de ce monde futur redonne toute sa place au fameux « sense of wonder » de la SF)... Et avant de s'en rendre compte, on quitte déjà, à regret, un écrivain formidable et son univers qui ne l'est pas moins.

Benoît DOMIS (lui écrire)
Première parution : 1/9/2002
dans Galaxies 26
Mise en ligne le : 17/2/2004


 

Dans la nooSFere : 60465 livres, 54465 photos de couvertures, 54353 quatrièmes.
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