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L'Adieu des industriels

Maxime BENOIT-JEANNIN



Illustration de Chantal MONTELLIER

KESSELRING , coll. Ici et maintenant - Romans n° 8
Dépôt légal : 1er trimestre 1980
368 pages
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     A force de courir après le pouvoir et le profit, les gouvernants ont saccagé la planète. Ils ont bien pressé le citron et cherchent maintenant à le foutre en l'air.
     L'Adieu des industriels, c'est un adieu à la Terre : nos maîtres vont continuer leurs magouilles dans les étoiles, pour l'éternité. Mais quelques casse-cou sont bien décidés à les empêcher. Commence alors une gigantesque et meurtrière course contre la montre, dans une Europe en proie à la bureaucratie généralisée. Il leur faudra déjouer les pièges électroniques, échapper aux bourreaux, pénétrer dans le Bunker et jouer de la mitraillette.
     Après tout, il n'y a pas de raison que nos chefs ne goûtent pas aux joies de la pollution, comme toute le monde.
     Après la Terre était ici, rapide et ironique, le second roman de Maxime Benoît-Jeannin, où la science-fiction fait bon ménage avec la lutte des classes.

    Sommaire    
1 - Du porno à la S.F. politique, pages 353 à 356, Article
2 - Muriel FAVAREL, Une rencontre avec Maxime Benoit-Jeannin, pages 357 à 361, Entretien
 
    Critiques    
 
     Il n'est pas aussi facile que d'aucuns pourraient le croire d'écrire un roman de science-fiction politique, et encore moins un épais roman de science-fiction politique. Il ne suffit pas de prendre un peu de bonne volonté gauchiste, une dose d'enthousiasme anarchiste, trois kilogrammes de colère antibourgeoise, quatre cents grammes de polices parallèles, trois onces de prêchi-prêcha écolo-utopiste et tant qu'on peut de sexe, de fusillades et de dénonciation(s) de la société libérale avancée. Tout cela, tous ces ingrédients ne sont plus que des conventions, des poncifs figés de la politique-fiction à la française. Maxime Benoît-Jeannin sait cela mieux que moi. Et il le sait de mieux en mieux. Après une série de nouvelles, parfois brillantes, parfois outrées, et un roman mal compris par bien des critiques, mais qui valait mieux, bien mieux qu'une fessée publique (La Terre était ici ; Kesselring, coll. « Ici et Maintenant »), il nous donne avec L'adieu des industriels un très grand livre politique.
     Je l'ai écrit ailleurs : la SF politique française a très mal interprété son rôle dans la mesure où elle n'a pas été écrite par des gens possédant une véritable culture politique. Elle a servi de défoulement maladroit à trop d'apprentis de la plume. Des apprentis qui oubliaient d'être réellement subversifs.
     Maxime Benoît-Jeannin est réellement subversif. Grâces lui en soient rendues ! Il le prouve brillamment, longuement, cruellement, complaisamment, narcissiquement.
     L'adieu des industriels est un livre renversant. Mais non pas dans le sens coutumier de ce vocable. Renversant : car il renverse les rôles, les mythes, les situations. Dans la longue et parfois déroutante confrontation des protagonistes du roman, les acquis culturels s'effritent et les données subjectives ou réelles de l'histoire ne sont plus que des rideaux de théâtre.
     Ce livre m'a fait parfois penser à la marmite des cannibales. Avec le missionnaire en train de cuire à petit feu entre les aromates qui lui rappellent sans doute, et cela doit alléger ses dernières minutes, les effluves des parfums sacrés-sacerdotaux. On ne sait jamais si l'auteur est le cuisinier cannibale ou le missionnaire, tant le sadomasochisme d'un tel livre est complexe et bourdonnant de réminiscences et d'anecdotes.
     Au lendemain de la catastrophe, le monde a changé de forme, de visage, de configuration, mais le jeu sempiternel continue de ressembler à une immense partie d'échecs : amis de la nature, bouffons, industriels, tueurs, bâtards sanglants, seigneurs déments dont les bouches saignent, fichus, paumés, diseurs de calembredaines, bureaucrates, pornocrates. vampires de la dernière heure, tout le monde s'agite, comme les bactéries dans une goutte d'urine.
     Ce livre pourrait être désespéré, il est seulement lucide.
     Ce livre pourrait être moins long de quelques dizaines de pages, mais il ne vous épargne rien.
     Ce livre pourrait être écrit avec davantage de soin. Mais il est simplement dénué de toute concession au lecteur, au bon goût.
     C'est le livre d'un intellectuel qui a des idées précises sur la manière de commettre des livres politiques.
     Son troisième roman est déjà écrit. Je le publierai en 1981 dans la collection « Galaxie-bis ». Et je demeure persuadé que la cause est loin d'être entendue !

Daniel WALTHER
Première parution : 1/7/1980 dans Fiction 310
Mise en ligne le : 29/3/2009


 
     Gros bouquin, 352 pages, je me suis jeté dessus, j'aime les bons gros livres. J'aime aussi qu'ils aient le ventre riche. L'adieu des industriels est quelque chose de bizarre, qui n'a malheureusement pas le ventre aussi riche que je l'aurais souhaité. J'attendais mieux. C'est peut-être donc ma faute si je suis déçu. Pourtant j'ai lu, et jusqu'au bout, et j'avais envie d'y arriver, au bout, peut-être espérant toujours LE truc qui me ferait sauter en l'air. C'est bizarre. Il y a plein de choses, dans ce livre, on les sent prêtes à surgir, seulement voilà : ce que l'on attend ne jaillit pas. L'histoire est en somme sans surprises, sans provoquer l'étonnement, ni la jouissance attendue. Encore la même histoire, dira-t-on — mais ça, je m'en fous. A la limite, ce qui me peine, c'est qu'elle me soit parvenue de la sorte, tout engoncée encore de ce qu'il faut bien appeler des clichés mal déguisés. Ça m'ennuie d'en arriver à cette conclusion, d'autant plus que Benoît-Jeannin a quelque chose dans les tripes. Ça me peine qu'il le vomisse comme tout le monde : il est doué pour des régurgitations beaucoup plus personnelles. Cela aussi, ça se repère, ici et là. Quelque part, à propos d'un personnage, il écrit : « A quelques variantes près, il eût pu figurer en tant que protagoniste d'un roman d'espionnage à l'ancienne ». C'est ça. Un roman d'espionnage à l'ancienne, avec les ingrédients du jour, sauce pollution, industrialisation à outrance, salauds d'un bord et braves types de l'autre. Peut-être trop blanc, trop noir. Tout ça en dents de scie, avec de belles pointes de pure bouffonnerie, des scènes choc... le tout, je crois, fournirait une assez chouette bande dessinée. Dommage qu'entre les dents de scie il y ait des creux — pas très crédibles (l'auteur ne s'est pas encore fait la patte aux scènes d'action convaincantes, me semble-t-il, ou quand il met le paquet, ça sonne gratuit. Ça me fait d'autant plus suer de le dire que je sais que ce gars à l'étoffe et les outils.
     Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas accroché. Après tout, ce n'est jamais que mon avis, hein ? Mais non, sans blague, je pense quand même sincèrement que ça va plus loin. Je suis persuadé que Benoît-Jeannin se débarrassera de ses tics faciles. C'est un peu pour ça que, salaud, pieds dans le plat, je cours le risque de lui faire un peu mal aujourd'hui. Au nom de quoi ? Au nom de mon attente, sans plus. Tout ceci n'a donc rien d'un verdict de vieux con en dépit des apparences, peut-être, ni d'un assassinat. C'est de l'espoir un peu déçu, à l'heure qu'il est. Et ça n'empêchera personne de se faire sa propre opinion, j'espère. Vous seriez bien naïf de me croire sur parole. En tout cas dans cette occasion.

Pierre PELOT
Première parution : 1/7/1980 dans Fiction 310
Mise en ligne le : 29/3/2009


 

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