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L'Amant ténébreux

J. R. WARD

Titre original : Dark Lover, 2005

Cycle : La Confrérie de la dague noire vol.

Traduction de Laurence RICHARD

MILADY (Paris, France), coll. Bit-Lit n° (40)
Dépôt légal : juin 2010
576 pages, catégorie / prix : 8 €
ISBN : 978-2-8112-0345-0
Format : 11 x 17,8 cm  

Certains exemplaires comportent des erreurs d'impression. Couverture : Stockphoto4u / iStockphoto.



    Quatrième de couverture    
     Une guerre fait rage à l’insu des humains. Six vampires protègent leur espèce contre la Société des éradiqueurs. Ces guerriers sont regroupés au sein de la mystérieuse Confrérie de la dague noire. À sa tête, Kolher, leader charismatique et implacable...
     L’un de ses plus fidèles guerriers est assassiné, laissant derrière lui sa fille, une magnifique jeune femme, une sang-mêlé qui ignore tout de son destin. Et c’est à Kolher qu’il incombe de faire découvrir à Beth le monde mystérieux qui sera désormais le sien...
 
    Critiques    
     Édité chez Milady, L’amant ténébreux est le premier tome d'un nouveau cycle basé sur les vampires, La confrérie de la dague noire. Rien de bien extraordinaire pour la collection Bit-Lit. À ceci près que ce roman n’appartient pas vraiment à ce dernier genre mais plutôt à celui de la romance paranormale.
     Et là, méfiance... La romance paranormale est une sous-famille de ce que nos mères appellent la littérature sentimentale (et d'autres, plus péjorativement, la littérature à l’eau de rose), un concept par exemple décliné à l'infini par l'éditeur Harlequin. Ceux qui pensent qu’il n’y a pas de différence avec la bit-lit n’ont pas dû lire beaucoup de titres appartenant à ces deux catégories.
     En dehors d’un sous-genre assez récent aux scénarios plus « épicés » 1, la structure d’un récit de romance reste toujours la même, avec un principe immuable : quoi qu'il se passe entre la première et la dernière ligne, les deux protagonistes finiront en couple et s'aimeront d’un amour inconditionnel. L’écrivain doit donc contenter un public qui connaît déjà la fin et qui, plus que pour aucun autre type de littérature, va se concentrer sur le développement des sentiments des héros et l’univers où ils évoluent.
     Bien sûr, la bit-lit flirte régulièrement avec la romance et attire ainsi une partie de son public, mais elle s’en distingue par des codes différents. Dérivée à la fois de la chick-lit 2 et de l’urban-fantasy 3, la bit-lit fait souvent la part belle à une héroïne au fort caractère, aux pouvoirs inquiétants et au sex-appeal dévastateur, atouts presque toujours tempérés par une vie sentimentale complexe, une tendance à se fourrer dans les ennuis et à augmenter la mortalité de son entourage. Le happy end n’est jamais garanti et on peut s’attendre à des retournements de situations spectaculaires en fonction du degré de sadisme de l’auteur. C’est ce qui fait tout le charme du genre...

     La confrérie de la dague noire n’échappe donc pas aux règles de la romance, la couleur étant d'emblée annoncée avec un titre évocateur et une couverture où un couple s’enlace sur fond rouge passion (le lecteur qui n’a pas compris ce qu’il achetait doit se poser des questions sur ses désirs inconscients...)
     Chaque tome de la série raconte l’histoire d’un vampire appartenant à une confrérie dont le but est de protéger son peuple de la Société des éradiqueurs, dans un monde où les non-humains n’ont pas fait leur coming-out. Rien de bien original dans tout cela...
     Dans ce premier tome, nous retrouvons Kolher (Colère pour ceux qui n’auraient pas compris la subtilité), le leader, et Beth, fille d’Audazs (Audace...), complètement ignorante de son ascendance mi-vampire, mi-humaine. La transformation de la jeune femme étant imminente, son père charge Kolher, avant de mourir, d'en prendre soin lors de son « passage ». Voici un couple caricatural à souhait : un guerrier colérique et une ignorante assez insipide. Pas de quoi révolutionner le genre et les 550 pages peuvent faire peur quand on connaît la tendance de certains pour le délayage...
     Mais si l’intérêt de ce roman ne réside assurément pas dans l’originalité de l’histoire d’amour, l’univers et surtout la place laissée aux personnages secondaires permettent au talent J. R. Ward de s'épanouir, malgré le début un peu laborieux, le manque d’action et les dialogues où le « ne » de la forme négative est presque systématiquement oublié (traduction je suppose d’un langage relâché, mais très pénible à la lecture).
     La construction narrative passe d’un acteur à l’autre au gré de l’intrigue sans rester sur le couple Kolher/Beth et, par petites touches, l’auteur développe l’histoire du peuple vampire et ses coutumes ainsi que les règles de la Société des éradiqueurs. Elle nous vend avec beaucoup de conviction pour les prochains épisodes, la promesse d’une évolution assez alléchante de son univers. Elle nous fait aussi l’article des futurs protagonistes, leur donnant de la densité afin de titiller notre curiosité : on ne peut s’empêcher de se demander, du moins pour certains, comment elle va réussir à les mettre en ménage...

     Pour conclure, les lecteurs de romance paranormale ne devraient pas être déçus par ce premier tome, à moins de n’être intéressés que par les romans exclusivement centrés sur le couple. Pour les amateurs de bit-lit, si les histoires d’amour ne vous rebutent pas, laissez-vous tenter. Si l’ébauche de l’univers mis en place par J. R. Ward tient ses promesses, je parie que certains deviendront accros...


Notes :

1. Le public et les mœurs évoluant, l’offre s’adapte et propose maintenant des scénarios plus « libérés ». Les maisons d’éditions spécialisées ont leurs collections : Spicy pour Harlequin ou encore Passions intenses pour J’ai lu.
2. Courant littéraire s’adressant aux femmes au ton désinvolte, désabusé et bourré d'humour noir et dont les thématiques récurrentes sont : la recherche du mari idéal, les problèmes de boulot et de carrière, les amis, le passage de la trentaine (ou la quarantaine), la relation avec les parents... et dont les héroïnes les plus connues sont Bridget Jones ou encore Carrie Bradshaw (Sex on The City).
3. Comme son nom l’indique, la fantasy urbaine situe le contexte dans un milieu où la technologie est présente et où l’auteur fait intervenir des créatures du bestiaire féerique, mythologique ou fantastique. A ce titre, la bit-lit est souvent proche de la dark fantasy avec sa composante d’horreur et une partie des parutions peuvent être classées dans l’uchronie quand les humains ont connaissance de l’existence de ces créatures comme dans les séries Anita Black de Laurell H. Hamilton, Mercy Thompson de Patricia Briggs ou encore Rachel Morgan de Kim Harrison.


Nathalie TELL
Première parution : 1/12/2010 nooSFere


 

Dans la nooSFere : 60465 livres, 54465 photos de couvertures, 54353 quatrièmes.
7936 critiques, 32812 intervenant·e·s, 1092 photographies, 3637 Adaptations.
 
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