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Les Démons sont éternels

Simon R. GREEN

Titre original : Daemons Are Forever, 2008

Cycle : Histoires Secrètes / Eddie Drood  vol. 2

Traduction de Marie SURGERS
Illustration de Didier FLORENTZ

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (224)
Dépôt légal : juin 2009
464 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-84172-467-3   
Genre : Fantasy 



    Quatrième de couverture    
     Il était une fois une famille, la mienne, qui se dressait seule entre les forces des ténèbres et le monde tel que vous le connaissez. Dès l'enfance, nous étions préparés à défendre la cause du Bien dans le plus grand secret.
     J'étais agent de terrain. Permis de tuer les monstres abominables. J'étais le preux chevalier qui repoussait les grands méchants loups.
     Puis j'ai découvert le mensonge : ma famille ne protégeait pas le monde, elle le dirigeait, tapie dans l'ombre. Et la merveilleuse armure d'or qui nous rendait bien plus qu'humains, nous la payions un prix inacceptable. J'ai donc privé ma famille de tout pouvoir. En punition, les miens m'ont choisi comme chef. Pour racheter nos péchés.
     Bien. En vrai je m'appelle Eddie Drood. Je suis le dernier espoir de cette planète.
     Qui est vraiment mal barrée.
 
    Critiques    
     Dans cette suite directe à L’Homme au torque d’or, nous retrouvons cette fois Eddie devenu le maître de la famille Drood. Mais si notre héros pensait résoudre tous ses problèmes grâce à son putsch, il n’en est rien, car l‘humanité se voit menacée par une horde de grands méchants venus d’un univers supérieur et bien décidés à faire de notre monde leur prochain repas. Heureusement, on est sauvé, Zorro est arrivé... euh, pardon, Eddie Drood est là ! Cependant tout ne sera pas simple, la famille comptant toujours des ennemis intérieurs...
     Dans la lignée de celle du premier numéro, l’intrigue reste classique : un héros doit sauver le monde d’horribles entités. Et comme tout bon roman d’action qui se respecte, l’histoire comporte nombre de rebondissements bien placés et d’ennemis toujours plus retors. Mais classicisme ne signifie pas niaiserie : Simon R. Green sait ce qu’il fait et où il va, ce qui lui permet de ponctuer efficacement son récit de traits d'un humour parfois tragi-comique (comme le prouve le titre du chapitre 15 : « La lumière au bout du tunnel, c’est les phares d’un train qui arrive ») et de clins d’œil discrets à des œuvres de SF autant littéraires que cinématographiques (c’est peut-être l’élément le plus amusant de l’œuvre), ou encore de donner une dimension supplémentaire à ses autres romans en utilisant la technique du cross-over.
     Du coté des défauts, on dira juste que, comme dans le premier tome, le début traîne en longueur et peut ennuyer assez vite le lecteur : l’intrigue ne commence véritablement que vers la page 150. Mais passé ce cap, le récit démarre vraiment pour continuer à un rythme de croisière plaisant : ni trop rapide (ce n’est pas un page-turner) ni trop lent.
     Somme toute, cette suite demeure un divertissement pas idiot, preuve là encore que l’on peut faire une œuvre humoristique sans tomber aussi bas que Lord of the Ringards. Bien sûr, le livre n’atteint pas le niveau de ceux d’un Douglas Adams ou d’un Fredric Brown, mais il ne se montre pas déshonorant non plus.


Gaëtan DRIESSEN
Première parution : 12/10/2009 nooSFere


     Eddie Drood appartient à une vieille lignée anglaise entièrement composée d'agents secrets très spéciaux qui, sous couvert de lutter contre les forces du Mal, contrôle en fait le monde. Depuis le premier épisode, où il a mis fin à cette suprématie, il a pris la direction de la Famille des mains de la matriarche, au sein du Manoir où vivent tous les membres malgré le drastique manque de place, et est désormais le seul détenteur du Torque d'or, l'armure donnant l'invincibilité. Malheureusement rien ne va : au sein de la famille, on complote encore pour lui ravir le poste, tandis que les humains traquent les Drood, principalement Truman qui, pour accroître son pouvoir, permet à des entités maléfiques de venir sur Terre : les Abominations, parasites psychiques qui se nourrissent des âmes et qui ne sont en fait que les chevaux de Troie d'envahisseurs plus dangereux encore, les Multièdres, des Dieux Affamés issus d'une réalité supérieure dévorant des mondes et anéantissant des réalités entières, rien que ça ! La menace est telle que la famille noue des pactes avec diverses entités démoniaques l'aidant à mener le combat : Harry, cousin écarté du pouvoir qui avait juré de se venger, revient même avec un semi-démon, Roger, mais pour des raisons plus triviales. On ressort de l'arsenal une foule de gadgets plus ésotériques les uns que les autres, dont le miroir de Merlin pour la téléportation et le Train du Temps, dont l'utilisation est en principe prohibée, pour chercher des guerriers expérimentés dans le passé de la famille, et même dans le futur, ce qui permet à Gilles Traquemort, autre héros récurrent de Simon R. Green, d'intervenir aussi dans ce cycle. La surenchère propre à ce récit d'action ne cesse de multiplier les intervenants surprenants et les rebondissements inattendus qui relancent la menace quand on la croyait sous contrôle.

     Pastiche revendiqué de James Bond, le roman imite pareillement les extravagances des récits de Ian Fleming, dans un cadre fantastique où l'auteur peut donner libre cours à son délire en matière de maléfices et de créatures. L'humour procède du décalage entre les protagonistes et des situations du quotidien (un démon gay, un ectoplasme menacé d'expulsion) ainsi qu'à des réflexions à l'emporte-pièce commentant l'intrigue. Ce serait agréable et même amusant si Simon R. Green ne se montrait pas si bavard. A force de s'attarder sur chaque situation comique, celle-ci perd de sa force et finit même par être envisagée de façon sérieuse, un peu comme dans ces sitcoms où le gag prolongé à l'extrême devient un élément de l'intrigue et se teinte d'une aura dramatique. La surenchère dans les combats incessants, une fois l'analogie avec James Bond comprise, aboutit là aussi à un fatras, dans la plus pure tradition des gonzo fictions. Un roman qui aurait pu être divertissant si l'auteur avait su se contenir ; tel quel, à défaut de rires, il distille la lassitude.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/10/2009 dans Bifrost 56
Mise en ligne le : 8/11/2010


 

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