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Arachnae

Charlotte BOUSQUET


Cycle : L'Archipel des Numinées vol.


Illustration de Elvire DE COCK

MNÉMOS , coll. Icares n° (132)
Dépôt légal : avril 2009
312 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-35408-050-1   
Genre : Fantasy 



    Quatrième de couverture    
     Des bas-fonds les plus sordides aux éclats de la cour princière, la cité d'Arachnae se livre sans fards, gangrenée par l'horreur et les excès. Dans le Labyrinthe où se côtoient la misère et le vice, des cadavres d'enfants torturés sont retrouvés. Théodora, la belle bretteuse libertine, est contrainte de s'allier avec l'austère Capitaine Gracci pour faire cesser ces crimes, alors qu'une guerre souterraine sans merci se joue entre le prince Alessio et les Moires, ses conseillères, et qu'une secte mystérieuse semble étendre son influence sur l'aristocratie décadente.

     Ces alliés que tout oppose parviendront-ils à dénouer la trame des possibles, ou se laisseront-ils engluer dans la toile de la Destinée ?

     ARACHNAE A TOUJOURS ÉTÉ DIRIGÉE
     PAR DES FEMMES. NOUS FORMONS UN TOUT :
     LES TROIS VISAGES DE LA LUNE
     ET SON INCARNATION HUMAINE.

     Charlotte Bousquet est née en 1973. Pour son premier roman aux éditions Mnémos, elle plonge le lecteur dans une Renaissance aux échos antiques. Férue de toutes les littératures, elle distille de nombreuses influences dans sa fantasy aux sombres accents.
 
    Critiques    
     Charlotte Bousquet avait jusqu’à présent été publiée par les éditions Nestiveqnen (une trilogie), Le Calepin jaune (un roman suivi de nouvelles) et Argemmios (un recueil), avec une prédilection certaine pour les mythologies : Cassandre, les fileuses, les sphinx... et, de temps à autres, l’apparition d’un vampire. Il est donc tout naturel que certaines de ces figures dans Arachnae (prononcez Arachna-é), nouveau roman publié aux éditions Mnémos, une fantasy de forme très classique dans laquelle se glissent quelques éléments inédits.
     Arachnae, c’est le nom de la cité où se déroulent les événements narrés ici. Image centrale de nombre de romans de fantasy (qu’on pense à Lankhmar ou Ankh-Morpork), elle est plus qu’un décor, un personnage à part entière de ce livre. Ses boyaux – le Labyrinthe, un quartier misérable gangrené par le vice et l’insécurité – excrètent un jour les ignominies au départ de l’histoire : des cadavres d’enfants torturés. Le capitaine Gracci, digne représentant de l’ordre et des beaux quartiers, est chargé de faire le jour sur l’identité du meurtrier. Toutefois, il est un peu trop connu pour mener l’enquête, aussi lui adjoint-on les services de Théodora, apprentie bretteuse, que ses mœurs libertines rendent indésirable au sein de l’Académie. Les relations entre les deux personnages seront pour le moins pyrotechniques.
     A cette intrigue se superpose la lutte pour le pouvoir entre Alessio et les Moires – Clotho, Lachesis et Atropos--, trois femmes qui de tout temps ont conseillé les dirigeantes d’Arachnae. En effet, nous sommes ici en terre matriarcale, ce qui n’est pas si courant en fantasy, et la présence au pouvoir d’un prince déplaît fortement aux Moires. Elles n’auront donc de cesse d’œuvrer contre lui, en sollicitant l’aide de sa femme, et quitte à sacrifier certains membres de sa famille.
     Enfin, troisième pan de l’intrigue, on assiste à l’émergence d’une secte passablement violente.
     Ces trois fils vont se croiser et s’emmêler, puisqu’ils sont tous liés, par le biais de certains des protagonistes, dont les destinées se feront écho. De telle sorte qu’Arachnae se révèle un roman rythmé, avec son content d’actes héroïques, mais aussi de nombreuses scènes crapoteuses et gore. Il faut dire que l’on ne parle pas souvent de pédophilie en fantasy. Cette noirceur du ton est assumée jusqu’au bout par Bousquet, qui n’hésitera pas à sacrifier des protagonistes, y compris certains parmi les plus attachants, quitte à prendre le lecteur à rebrousse-poil. L’auteur se permet même le luxe de nous livrer un climax – dont certains auraient fait leur affrontement final – en plein milieu du livre, et même si le rythme retombe un peu par la suite, Arachnae n’a pas livré tous ses secrets, loin de là. En auteur accompli, Charlotte Bousquet sait entretenir le suspense tout au long de ce roman efficace, non dénué d’humour, qui se lit ainsi d’une traite.
     Au rang des défauts, les dialogues sonnent parfois creux, et certains personnages sont vraiment manichéens (les mauvais ne présentent aucun trait de caractère capable de les sauver, certains gentils n’ont aucun défaut), mais cela ne suffit pas à enrayer la dynamique d’ensemble.
     Arachnae est ainsi un livre agréable, sinon dans son propos (la noirceur de l’âme humaine), du moins sa forme, une fantasy classique et enlevée.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 3/5/2009 nooSFere


     Dans l’orphelinat militaire où elle a grandi, Théodora s’est toujours efforcée de se tenir à l’écart des embrouilles ; elle avait appris à le faire durant les deux années qu’elle avait passées seule, dans la rue, après le fléau qui avait coûté la vie à ses parents. Une fois, une seule, elle n’y a pas tenu et a pris le parti d’une petite qu’une de ces filles cruelles et perverses maltraitait. Cela lui a valu le cachot, jusqu’à ce qu’une femme mystérieuse vienne la chercher.

     Treize ans plus tard, Théo est une des élèves les plus douées, et les plus indociles, de l’Académie, aidant le magister à enseigner l’escrime aux novices. Si elle ne s’obstinait pas à faire barrage à son destin, à ignorer les visions qui l’assaillent aux moments les plus inattendus, sans doute deviendrait-elle une femme de grand pouvoir. Mais elle préfère jouer et s’enivrer dans les bas-fonds de la cité d’Arachnae, ce qui lui vaudra d’être arrêtée par la milice avant de travailler pour le capitaine Gracci. Gracci a un don, lui aussi, un terrible don qui lui permet de revivre les derniers instants d’une victime, afin d’en retrouver les assassins. Quand on retrouve des cadavres d’enfants torturés, il faudra à Théo et Gracci affronter les pires vices qui se puissent imaginer.

     Pendant ce temps, des intrigues de cour mettent en danger le prince Alessio. Les Moires, représentantes de la Triple Déesse, n’y sont pas étrangères, mais poursuivent-elles toutes trois les mêmes buts ? Lorsque l’aînée d’entre elle, Clotho, décède, la deuxième, Lachesis, prend sa place et cède la sienne à Atropos ; une nouvelle Fileuse vient alors compléter le trio. Le pouvoir des Sorcières du Destin faiblit et elle ne le supportent pas, au point de manipuler les membres de la famille princière pour en venir à leurs fins.

     Complots politiques, divination, combats à l’épée, tous les ingrédients d’un excellent roman de fantasy sont présents sous la plume de Charlotte Bousquet qui s’en sert à merveille. À cela se rajoutent quelques pincées d’érotisme – Théo passe de lit en lit, aime l’amour des filles autant si ce n’est plus que celui des garçons, et son amante Ornella n’hésite pas à se servir de son corps pour les besoins de l’enquête – et beaucoup de suspense, ce qui concourt à faire d’Arachnae un thriller. Mais ce qui en fait un vraiment bon roman, c’est que l’auteur s’en sert pour dénoncer l’intolérable : la prostitution, la pédophilie, l’esclavage, le viol et le meurtre. Ces actes qui sont racontés de façon crue – parfois même à la limite du supportable – dans Arachnae, mais qui n’existent que trop dans notre monde, Charlotte Bousquet les combat de toutes ses forces d’écrivain engagé – il suffit de se pencher sur ses anthologie dont les droits sont reversés à des associations humanitaires, pour le savoir.

     Ainsi, sous les atours d’un thriller de fantasy passionnant, Arachnae est un livre profond, un livre à message. Parce qu’il contient des passages vraiment durs à supporter, surtout dans la première partie, il est à réserver à un public adulte. Parce qu’il est passionnant, on se prend à rêver d’une suite ou, du moins, d’un autre roman situé dans le même univers. Et parce que certaines scènes sont impressionnantes – et je ne parle pas des scènes de torture ! –, je ne puis m’empêcher de me demander ce que donnerait une BD tirée d’Arachnae, avec Elvire De Cock, qui signe la très belle illustration de couverture, au dessin... Une idée à creuser ?


Lucie CHENU
Première parution : 5/10/2009 nooSFere


 

Dans la nooSFere : 60465 livres, 54465 photos de couvertures, 54353 quatrièmes.
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