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L'Algarabie

Jorge SEMPRUN



Illustration de Pierre FAUCHEUX

FAYARD (Paris, France)
Dépôt légal : novembre 1981
446 pages, catégorie / prix : 53,27 F
ISBN : 2-213-00989-9   



    Quatrième de couverture    
     Raconter le dernier jour de la vie d'un personnage d'Espagnol émigré à Paris, n'est-ce pas, pour l'écrivain qui signe ces pages, comme d'écrire et livrer avant terme quelque roman autobiographique posthume ? N'est-ce pas imaginer sa propre fin — ou la donner à se remémorer à d'autres — comme cette journée ordinaire et pourtant bien remplie où, dans un ghetto post-communard dont les éboueurs de l'Histoire ne relèvent plus les poubelles et où se jouent, libertaires et libertins, de nouveaux Mystères de Paris, un clandestin de la vie cherche à recouvrer son identité officielle, les papiers nécessaires à un éventuel mais trop tardif retour à la terre des origines ?
     « Ce livre que je traîne depuis dix ans sous diverses formes, brouillons et étapes, dans ma tête et sur ma table, écrit alternativement en espagnol et en français, a pendant des mois cherché sa langue, déclarait récemment Jorge Semprun. Son titre témoigne de cette hésitation de la langue. Il s'agit d'une francisation d'algarabia, le charabia : la langue arabe qui finit par devenir le galimatias, la langue incompréhensible, le vacarme, Babel ! Mais, au fond, cela dépasse la simple problématique de l'écrivain : tout ne serait-il pas un peu de l'algarabie, ou, comme dirait l'autre, du bruit et de la fureur ? »

     Romancier, scénariste La Guerre est finie, Z, L'Aveu, Les routes du Sud, etc., Jorge Semprun a notamment publié Le Grand Voyage, La Deuxième mort de Ramon Mercader (Prix Fémina), Autobiographie de Federico Sanchez (Prix Planeta) et Quel beau dimanche !
 
    Critiques    
 
     Sans le dire, c'est bien de la SF — une histoire d'univers parallèle : « si l'hélicoptère de De Gaulle s'était écrasé au retour de Baden-Baden ? » Du coup, le pays s'enfonce dans une guerre civile dont un des meilleurs épisodes est la libération d'Orléans par Mireille Darc... Un personnage romancier imagine même un univers où De Gaulle aurait survécu. Les lecteurs du Maître du haut château apprécieront.
     L'action se déroule toutefois dans les limites de la Zone d'Utopie Populaire, sorte de Commune de la Rive Gauche, héritière de mai 68 et de l'anarchisme espagnol. Les discussions idéologiques n'y manquent pas, et reconnaissons que si les marxistes repentis comme Semprun ne peuvent guère être félicités pour leur clairvoyance, ils n'ont pas leur pareil pour caricaturer leur passé. Les maos remportent ici la palme de la clownerie — leur chef ne s'appelle-t-il pas Auguste ?
     L'idéologie n'intervient pourtant que comme partie de la vie de Rafaël Artigas, double de l'auteur, révélée à coups de réminiscences — les siennes ou celles des autres personnages, car le roman joue à s'égarer dans les dédales capricieux de vies pas toujours convergentes. Plus picaresque que proustien, comme le souligne l'auteur dans les nombreuses et savoureuses interventions du Narrateur. Tout le livre est jeu, et fait au passage sa propre critique, aussi n'ai-je plus qu'à clore celle-ci.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/2/1982 dans Fiction 326
Mise en ligne le : 7/3/2009


 

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