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Angelica

Arthur PHILLIPS

Titre original : Angelica, 2007

Traduction de Edith OCHS
Illustration de Marc BRUCKERT

LE CHERCHE-MIDI , coll. NéO n° (12)
Dépôt légal : février 2009
444 pages, catégorie / prix : 22€
ISBN : 978-2-7491-1180-3   
Genre : Fantastique 



    Quatrième de couverture    
     « Angelica impressionne d'abord comme une relecture géniale du roman victorien avant de devenir un genre en soi, d'une originalité absolue. Vous n'avez encore jamais lu un livre pareil. »

Stephen King

     Un récit diabolique, en forme de puzzle, d'une intelligence effrayante, par un maître de la manipulation.

     Londres, 1880. La maison Barton est au bord de la crise. Depuis que le père, Joseph, obscur biologiste, a décidé que sa fille de 4 ans, Angelica, devait désormais quitter la chambre de ses parents pour aller dormir seule dans la sienne, de mystérieux événements se produisent. Constance, la mère d'Angelica, qu'un retour à l'intimité conjugale ne réjouit guère, sent une menace planer sur sa fille. Au grand dam de Joseph, qui ne veut rien entendre. Quand Constance fait appel à Anne Montague, une ancienne actrice reconvertie dans le spiritisme, pour veiller sur Angelica, le quatuor est en place pour un drame dont il serait criminel de dévoiler l'argument.

     Les quatre protagonistes relatent chacun leur tour les événements qui suivent, quatre versions qui parfois s'accordent, parfois se contredisent, chacune jetant une lumière nouvelle, mais aussi une part d'ombre, sur les personnages, leurs peurs, leurs désirs et leurs secrets.

     Avec Angelica, Arthur Phillips, nouvel enfant chéri des lettres américaines, nous offre une brillante relecture du roman victorien. Le lecteur, mi-enquêteur, mi-psychanalyste, participe activement à ce récit labyrinthique, derrière les lignes duquel il doit essayer de percevoir la vérité avant le coup de théâtre final, tous les indices disséminés dans le livre apparaissant alors en pleine lumière. Un coup de maître.

     « La construction est d'une telle intelligence que ce roman à énigmes, véritable labyrinthe psychologique, a vite fait de vous obséder. Ce livre a une âme, une âme à la fois inquiétante et intrigante. En deux mots, c'est un pur chef-d'oeuvre ! »

USA Today
 
    Critiques    
     Dans le Londres de la fin du XIXe, tout va mal dans la famille Barton. Lorsque Joseph, le père, demande à Constance, sa femme, de faire dormir leur fille Angélica, âgée de quatre ans, dans sa chambre d’enfant plutôt que dans leur chambre, c’est le drame : Constance vit très mal cette séparation de quelques mètres. Elle fait appel à une spirite qui la persuade de l’existence d’un fantôme dans la maison.

     Quatrième roman d’Arthur Philips et deuxième traduit en France, Angélica arrive auréolé d’une excellente réputation due notamment à une critique d’Elizabeth Hand dans le Washington Post, décrivant Philips comme « l’un des meilleurs écrivains américains ».

     Toute la richesse du livre tient dans sa construction : bien que racontée par un narrateur unique, l’histoire se découpe en quatre parties qui donnent successivement le point de vue des principaux personnages. D’abord Constance, cette épouse fragile et paranoïaque qui ne voit que le mal dans toutes les actions de son mari et se réfugie aveuglément dans une explication paranormale de la situation ; ensuite Anne, cette ancienne actrice de second rôle, reconvertie dans l’occulte et qui trouve en Constance un excellent gibier ; puis Joseph, ce fils d’immigré italien à la carrière ratée, au caractère faible, qui ne reconnaît plus en sa femme la jeune vendeuse qui l’avait séduite ; enfin Angélica, cette enfant au centre de toutes les attentions, véritable butin du combat entre son père et sa mère.

     Deux de ces récits décrivent les mêmes évènements à travers deux regards divergents : Joseph voit sa femme basculer dans la folie pendant que Constance use du spiritisme pour discerner dans son mari un être possédé par le démon. Où se situe la vérité ? Constance est-elle vraiment folle ? Joseph est-il malfaisant ? Ou, comme le pense Anne, Constance utilise-t-elle l’excuse facile du surnaturel pour se cacher une vérité plus crapuleuse ?

     Cette construction assez remarquable possède malheureusement un défaut : il faut atteindre la troisième partie, le récit de Joseph, après quelque 300 pages, pour la voir se mettre en place dans toute sa puissance. Le début traîne en longueur et il est nécessaire de s’accrocher pour ne pas abandonner le livre. Passé cet obstacle, le lecteur devra comparer les différentes narrations pour en tirer « la » vérité, ou plutôt sa vérité ; là réside le principal plaisir de lecture : chacun pourra préférer une version différente, suivant le point de vue jugé le plus fiable.

     De ce fait, le caractère fantastique du récit ne tient qu’à la vision qu’en a Constance, contestée par les autres parties, comme l’avoue la narratrice à la fin : « Et me voici donc revenu à mon point de départ : il y avait un fantôme. Je n’en ai jamais vu, mais beaucoup en ont vu et ne s’étonnent guère de les voir ». Le rattachement de cette œuvre au genre fantastique est donc extrêmement ténu, pour ne pas dire inexistant.

René-Marc DOLHEN
Première parution : 23/2/2009 nooSFere


 

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