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Le Feu primordial

Martha WELLS

Titre original : The element of fire, 1993

Traduction de Patrick COUTON
Illustration de Hubert ROBERT

POINTS (Paris, France), coll. Fantasy n° P1702
Dépôt légal : mai 2007
512 pages, catégorie / prix : 7,50 €
ISBN : 978-2-7578-0330-1   



    Quatrième de couverture    
     Le royaume d'Île-Rien vit des heures tourmentées : un puissant sorcier fait planer d'indicibles menaces. D'obscures intrigues se nouent autour du jeune roi Roland, et Kade, la demi-fée — sœur bâtarde du roi — prépare en secret son retour. Le capitaine Thomas Boniface, pilier de la Cour et soldat émérite, pourra-t-il éviter que le royaume ne sombre dans le chaos ?

     « Les amateurs d'intrigues ingénieuses, de dialogues spirituels et de personnages fascinants trouveront dans ce conte une magnifique expérience de lecture. »
Rave Reviews

     Empruntant autant à la verve échevelée d'Alexandre Dumas qu'à la noirceur vénéneuse des romans gothiques, Martha Wells tisse un récit terriblement envoûtant.

     Martha Wells est née en 1954 à Fort Worth, Texas. Elle est diplômée en anthropologie et auteur de plusieurs romans, notamment La Mort du nécromant et Chasseur de sorciers.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2002)


     La carte sur laquelle s'ouvre ce roman permet de constater que le contour hexagonal du royaume d'Île-Rien forme grossièrement une carte de France. Il ne s'agit sans doute pas d'un hasard, même si l'auteur brouille les pistes en baptisant la capitale du nom de Vienne, la même Vienne imaginaire que l'on retrouvera dans La Mort du Nécromant — car Le Feu primordial est le premier roman publié de Martha Wells, même s'il est le deuxième à paraître en France.
     Trois pages plus loin, la liste des personnages annonce la couleur : le rideau se lève sur la représentation d'une tragédie destinée à nous émouvoir et à nous faire trembler... Parmi les figures que nous croiserons, voici Thomas Boniface, le sympathique et loyal capitaine des gardes de la reine ; Ravenna, la reine douairière qui entend bien mener les affaires du royaume à la place de son fils, le jeune et faible roi Roland ; Falaise, la fraîche épouse de ce dernier, qui ne compte pas se laisser faire ; Urbain Grandier, un redoutable et mystérieux sorcier qui poursuit un but inconnu ; Kade Carrion, fée par sa mère et demi-soeur de Roland, qui pourrait venir s'emparer du trône ; une troupe d'acteurs de la Commedia dell'arte ; etc.

     Une rencontre entre Dumas et Shakespeare aurait peut-être pu aboutir à une histoire de la sorte, entre tragédie historique, roman de cape et d'épée et conte fantastique. Malheureusement, Martha Wells n'a ni la vigueur d'un Dumas, ni le sens de la formule d'un Shakespeare : son roman pèche par des longueurs et un luxe excessif de détails inutiles. Alors que les intrigues de cour sont au cœur du récit, l'auteur s'attache davantage à décrire les lieux, les lumières et les ambiances — parfois de façon répétitive — qu'à étoffer les caractères des personnages pris dans le tourbillon de cette aventure.
     Malgré cela, le roman retient l'attention, grâce à l'atmosphère envoûtante que Martha Wells réussit à suggérer : le décor prend vie, la lueur des bougies révèle d'étranges dessins sur les murs sombres, les motifs de pierre semblent s'animer... Le charme de la romantique Vienne agit rapidement, d'autant plus que l'intrigue est plaisante, à défaut d'être très originale.

     Plus proche du fantastique gothique que du merveilleux, Le Feu primordial s'adresse donc en priorité aux amateurs de fantasy historique et sombre — aux lecteurs qui ont par exemple apprécié les Ombres de Wielstadt (Fleuve Noir), où le français Pierre Pevel assumait mieux sa verve de feuilletoniste que ne le fait Martha Wells — ou bien à ceux qui recherchent une fantasy libérée de l'influence de Tolkien sans pour autant s'éloigner de la tradition.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/10/2002
nooSFere


Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2003)


     Un roman à ne pas commencer si vous avez quoi que ce soit d'urgent à faire... Parce qu'une fois ouverte la première page, avant même le début du récit proprement dit, une carte, un plan et une liste des personnages suffisent à vous dire que vous n'en lèverez plus le nez avant l'ultime ligne. Et c'est vrai.

     Un sorcier du nom d'Urbain Grandier semble sévir dans la capitale, Vienne. Galen Dubell, sorcier banni du royaume d'Ile-Rien dix ans auparavant, a été rappelé, car le docteur Sûreté, sorcier de la Cour jusqu'alors, est décédé dans d'étranges circonstances... Au même moment débarque Kade, la demi-sœur à moitié fée du roi Roland, fille de la Reine de l'air et des ténèbres, venue régler ses comptes avec son frère et sa belle-mère, Ravenna, la reine douairière au courage exemplaire et à la forte personnalité, qui maintient le pouvoir dans le droit chemin avec un art consommé de la diplomatie... Fantoche faible et impressionnable, traumatisé dans l'enfance par son père Fulstan, Roland est entièrement sous l'influence de Denzil, noble aux mystérieuses machinations, qui le dresse contre la faction de Ravenna. Thomas Boniface, ancien amant de la reine douairière et capitaine de ses gardes, doit alors tenter de maintenir un semblant d'ordre en Ile-Rien et démêler les alliances et projets de chacun, alors que la Horde des fées noires lance l'assaut — aidée par qui ? — sur le palais... On se gardera d'en dire davantage, car le suspense est si parfaitement maintenu au long du récit que ce serait sacrilège que d'en dévoiler d'autres éléments.

     L'ouverture du roman est pensée comme une pièce de théâtre : plan du décor — le palais de Vienne en Ile-Rien — et liste des personnages : vingt et un exactement, sans les figurants. Le drame se déroulera en à peine quelques jours, sans sortir ou presque de ce domaine, sans ajout de personnages... et sans le moindre répit pour le lecteur. Le récit est mené de main de maître, parfaitement ficelé et avec ce qu'il faut de respiration pour ne pas se réduire à un pur scénario de film d'action. Le décor, sans fausses notes, ne révolutionne pas l'univers de la fantasy, mais ne donne pas non plus trop dans le « Donjons et Dragons » : souvent, dans le cours du texte, on oublie que circulent ici fées et sorciers tant l'univers décrit acquiert de puissance réaliste. Un roman « de cape et de fées », sans vouloir faire dans le jeu de mots simpliste... Les dialogues ne sont pas dénués d'un certain humour et évitent le ton pompeux que pourrait réclamer la nature dramatique des événements et le genre du roman. Parfois, au début surtout, on se dit que ce pourrait être du Terry Pratchett : il règne dans le quartier brûlé des premières pages une ambiance d'Ankh-Morpork, encore renforcée par la remarque de Thomas sur le fait qu'on lui a adjoint un sorcier furieusement incompétent, que le lecteur baptiserait bien Rincevent. Ne confondons pas tout de même pas : le ton du récit reste sérieux, et, si humour il y a, il est bien souvent teinté de noirceur ironique.

     Bref, sans chercher à renouveler les codes et canons propres à la fantasy, Martha Wells produit une œuvre parfaitement maîtrisée, palpitante, qui procure un réel plaisir de lecture — ce qui semble être le moins que l'on puisse attendre d'un livre et qui pourtant, en ces temps de production pléthorique, est loin d'être si courant... Vous savez donc ce qui vous reste à faire : ajouter Le Feu primordial à votre bibliothèque, tout simplement.

Sylvie BURIGANA
Première parution : 1/4/2003
dans Bifrost 30
Mise en ligne le : 1/5/2004


Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2002)


     II s'agit du deuxième roman (en fait le premier publié en anglais) de Martha Wells, situé dans le royaume imaginaire d'Île-Rien, qu'on a pu découvrir dans La Mort du nécromant. Dans ce monde, sorcellerie et magie des fées cohabitent avec une technologie et une culture qui nous sont familières. Mais l'action du livre se déroule plus de cent ans auparavant, à une époque qui fait plus penser à Alexandre Dumas (dont on ressent l'influence tout au long du récit) qu'à la société pseudo-victorienne dépeinte dans le roman précédent.

     Dans le palais royal de Vienne, le pouvoir repose sur les faibles épaules du roi Roland, jeune homme tombé sous les charmes de l'intrigant duc d'Alsène, et en rébellion contre sa mère, une redoutable reine douairière. Or, le péril est dans la demeure, car un puissant sorcier serait en train d'ourdir un complot, avec l'aide des fées de la terrifiante cour d'Unseelie. La situation se complique à la suite de la réapparition de Kade Carrion, fille bâtarde de l'ancien roi. Enfant victime comme son demi-frère Roland des mauvais traitements infligés par leur père, elle veut prendre sa revanche sur toute la famille royale.

     Le livre tire sa force de l'introduction d'éléments fantastiques dans une intrigue de cape et d'épée assez dense. La description du système de défense magique du palais est fascinante, et l'irruption des troupes occultes de la cour d'Unseelie provoque de vraies frayeurs. Mais on passe trop de temps à ramper dans les sous-sols où l'on se sent claustrophobe (décidément une manie chez cet auteur : voir La Mort du nécromant) et les lecteurs risquent de s'y perdre, malgré l'aide du plan détaillé fourni en début du roman. Si l'action se déchaîne à un rythme frénétique, on a du mal à s'attacher réellement aux personnages. Reste que Martha Wells est un écrivain à suivre, avec deux autres romans non encore traduits : City of Bones (1995) et Wheel of the Infinite (2000).

Tom CLEGG (lui écrire)
Première parution : 1/10/2002
dans Asphodale 1
Mise en ligne le : 1/9/2004


 

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