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Exultant

Stephen BAXTER

Titre original : Exultant, 2004

Cycle : Les Enfants de la destinée  vol.

Traduction de Dominique HAAS
Illustration de GETTY IMAGES

PRESSES DE LA CITÉ (Paris, France)
Dépôt légal : mai 2007
540 pages, catégorie / prix : 23,50 €
ISBN : 978-2-258-06688-5   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Une extraordinaire épopée galactique, un voyage époustouflant dans l'espace infini et dans un lointain futur.

     Vingt-cinq mille ans après Jésus-Christ... L'humanité est devenue une espèce puissante, foisonnante, qui s'est répandue dans les étoiles. Mais elle est figée dans une guerre millénaire pour la conquête définitive de la Galaxie. Une guerre contre un ennemi inconnaissable : les Xeelees.
     Pendant des millénaires d'occupation non humaine, l'humanité a livré un combat pour la survie mené par la « Coalition ». On était censé vivre courageusement et mourir jeune. Et seuls les soldats victorieux pouvaient transmettre leurs gènes. Un gigantesque programme de sélection a ainsi permis d'obtenir une forme supérieure d'être humain : l'enfant-soldat.
     Et quelle réussite ! La « Troisième Expansion » de l'humanité a balayé la Galaxie toute entière. Mais elle est désormais bloquée en son centre, autour de la forteresse des Xeelees, apparemment imprenable. Et ceux-ci, qui ont survécu à bien des révolutions cosmiques, ne semblent pas près de rendre les armes...

     Grâce à un saut dans le temps, Stephen Baxter donne à son magistral Coalescence une suite inattendue, second volet de la trilogie « Les Enfants de la destinée », qui le confirme au rang des maîtres de la science-fiction moderne.
 
    Critiques    
     Dans le premier volume (cf. critique in Bifrost n°43), une secte très ancienne élevait les enfants à la façon d'une ruche, avec le but de créer une coalescence susceptible de devenir une structure sociale défiant le temps, même en l'absence de dirigeant. Le roman s'achevait vingt-cinq mille ans dans le futur, au cours d'une interminable guerre opposant les Humains aux Xeelees. Le second tome de cette tétralogie (que l'éditeur persiste à considérer comme une trilogie...) commence là où s'arrête le premier, dans l'espace, lors d'un combat où il est clairement admis que les jeunes recrues ne sont que de la chair à canon formatée pour mourir jeune. Une vie brève brille d'une lumière vive est leur devise. Les Xeelees sont d'autant plus difficiles à vaincre que, par la magie des déplacements plus rapides que la lumière, ils sont en mesure de connaître les manœuvres de l'adversaire avant que celui-ci ait arrêté son plan. Pirius a joué sur ces décalages temporels pour gagner la première bataille contre l'ennemi, mais se retrouve dans une ligne temporelle du passé, face à son double qui n'accomplira jamais cet acte de bravoure mais n'en sera pas moins puni, en même temps que son auteur, car les initiatives personnelles, mêmes victorieuses, sont contraires aux ordres. Pirius Bleu (celui du futur) est envoyé comme simple soldat sur un astéroïde où il subit un entraînement éreintant tandis que l'innocent Pirius Rouge est contraint d'accompagner le commissaire Nilis dans des missions loin du front. Il se rendra progressivement compte que ce châtiment est en réalité une aubaine permettant à l'humanité de prendre l'avantage dans la guerre contre les Xeelees, dont on ne sait rien, ni sur les vaisseaux ni sur la raison pour laquelle ils investissent Chandra, le gigantesque trou noir au centre de la galaxie, hormis le fait qu'ils semblent y puiser leur énergie...

     Ce roman pourrait n'être qu'un space opera de grande envergure — ce qui est tout à fait honorable — racontant une guerre contre un ennemi hors norme. Au passage, Baxter nous régale avec sa débordante imagination, notamment concernant d'autres formes de vie comme les Qax ou les redoutables Fantômes d'Argent, qui ressemblent à des miroirs sphériques dont la peau ferait partie d'un autre univers, ou encore les quagmites, formes de vie primitives nées quand l'univers n'était encore qu'une soupe de quarks. Mais Baxter nous transporte bien plus loin...

     Sa réflexion sur l'évolution se poursuit avec un tableau récapitulant les étapes de la formation de l'univers depuis le Big Bang, qu'il parvient à peupler avec de la vie dès le premier millionième de seconde ! Outre cette époustouflante démonstration, il réussit le tour de force d'expliquer par ce biais les énigmes restantes de l'astronomie ou de la mécanique quantique : la masse manquante de l'univers et la répartition de la matière visible par agrégats, la prépondérance de la matière sur l'anti-matière, la structure de la galaxie spirale et la proportion anormale de lithium dans l'univers... Le tout est assaisonné de réflexions philosophiques sur l'apparition de la vie ou la nature de l'univers et la relation au temps, Baxter passant d'une idée à l'autre avec une agilité empêchant son audacieux échafaudage de s'effondrer.

     Les amateurs d'aventure et d'action sauteront sans peine ces passages qu'ils jugeront bavards, les autres resteront bouche bée devant la maestria avec laquelle Baxter suscite chez le lecteur de science-fiction ce fameux sense of wonder qui est la matière exotique de cette littérature. C'est un enchantement permanent et du grand art, vraiment !

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/2007 dans Bifrost 47
Mise en ligne le : 11/11/2008

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (2010)


     Baxter a vu très grand, son roman met en jeu des quantités énormes de tout, distances, planètes, mondes, espèces, machines, etc. C'est la démesure heureusement compensée par quelques personnages dont un commissaire baroque Nilis et un héros Prius. Saucissonné en 59 chapitres de quelques feuillets chacun, le roman débute par un combat hors normes entre notre héros, pilote de vaisseau et les Xeelees, entités mystérieuses. Régulièrement depuis 20 000 ans des milliers de vaisseaux de la Coalition groupés en corps d'armées accompagnent des astéroïdes dans des attaques quasiment suicidaires contre cet adversaire qui gagne à peu près toutes les batailles Cependant les humains poursuivent sans relâche le combat estimant que tout retrait provoquerait la défaite. On se retrouve dans un genre de guerre éternelle semblable à celle de Joe Haldeman (The Forever War) avec la profonde tristesse d'une humanité au bord de l'abîme. Le développement d'un paradoxe temporel où tout déplacement supraluminique remonte le temps dédouble Prius qui apparait « avant d'être parti » et permet la précognition. Utilisée par la Coalition pour lire dans l'avenir elle l'est également par les Xeelees qui systématiquement déjouent toute attaque humaine. L'équilibre des moyens et des prédictions crée un Verdun galactique où les morts tombent par milliards chaque année. Pour les remplacer la Coalition a installé près des fronts de bataille, des « élevages » d'enfants destinés à mourir au combat. Le carnage est remarquable, Prius, puni avec son équipe pour être revenus du futur en violant grossièrement les ordres (sic), va en faire la douloureuse expérience dans une unité disciplinaire. On retrouve dans cet ouvrage l'écrivain critique des sociétés humaines et mettant en exergue leurs excès comportementaux. Ses descriptions de camps de jeunes combattants, hommes et femmes encastrés dans une pesante promiscuité, sont particulièrement agressives. À part moult « œuvres de chair » auxquelles il semble tenir, Baxter ne voit guère d'autre distraction pour cette humanité.
     Alors que le revenant puni, désigné comme Prius bleu, part vers son pénible destin, le commissaire Nilis qui a si maladroitement assuré sa défense, volontairement semble t-il, va emmener le plus jeune, Prius rouge, dans un projet qualifié par tous d'utopique : terminer la guerre. Il sera accompagné de quelques autres personnages dont une fille qui aura aussi en remontant le temps tenu compagnie aux deux Prius ! En participant à la lente progression du dessein sur plus de 450 pages, le lecteur va être noyé dans un torrent d'entités et d'abstractions en tout genre : Nightfighters, Starbreakers, Flutters, vaisseaux SPL, Z-pleins, canons Monopole, Capes anti-bruit, Assimilateurs, Martiens, Observateur Ultime, Réfugiés immortels, Qax, Fantôme d'Argent, doctrine Hama Druz, Conurbation, troisième Expansion, Grand Conclave, Coalescences, Bibliothèque des futurs, etc..etc.. L'un des clous de l'imagination « Baxtérienne » est l'invention du VieD&O qui dépasse amplement l'holographie et les projections en relief. Les VieD&Os sont des images virtuelles (générées on ne sait comment) qui se placent au gré du demandeur près de lui en affichant des informations ou des personnages. Mieux, un individu peut générer une VieD&O qui devient son double, mental y compris. Cette Vid&O qui ne communique pas en temps réel avec l'original peut être un interlocuteur, un voyageur et participer à des colloques ou des opérations lointaines comme un personnage ordinaire. Lorsqu'elle revient vers son réel biologique elle lui transmet tout ce qu'elle a vu ou fait. Baxter glisse vers la magie et le lecteur doit posséder une imagination fertile pour ne pas succomber aux multiples invraisemblances de l'assertion dont par exemple un double VieD&O qui engagerait une action inverse de celle du personnage biologique ou une copie immortelle.
     Difficile de suivre ce flot de concepts sans être obligé de prendre quelques notes ou posséder une robuste mémoire. C'est presque un catalogue de l'imaginable de Baxter en Science-fiction de l'espace.
     La fin du récit voit Chandra, le trou noir des Xeelees, devenir l'objectif ultime de l'opération. Nombre d'humains et de non-humains vont s'allier dans un effort extrême. Beaucoup y laisseront leurs vies pour un résultat acquis dans une décision inattendue, son efficacité discutable laissant présager une prochaine suite au roman.
     Cet ouvrage, où l'on perçoit difficilement la marque du Destin que suggère son titre, expose une théorie de l'univers dans un mixte de sorcellerie de science et d'astronomie. Curieusement et probablement suivant un procédé à la mode (Cf. Spin de Robert Charles Wilson) elle apparaît en tranches au fil des chapitres impairs de la troisième et dernière partie du livre.
     Comme tout bon écrivain Baxter cherche un équilibre entre l'action, la description et la réflexion. Son récit, parfois piqué d'anecdotes superflues, n'est pas toujours facile à suivre pour un lecteur brutalement soumis à des concepts trop différents. Critique pour la société et prolixe dans ses réflexions ou implications philosophiques, il donne à réfléchir sur notre univers.

Gérard BOUYER
Première parution : 1/7/2010
Présences d'esprits 64
Mise en ligne le : 3/11/2010


 

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