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L'Autre voyage de Phileas Fogg

Philip José FARMER

Titre original : The Other Log of Phileas Fogg, 1973

Traduction de Joëlle LACOR
Illustration de Éric SCALA

TERRE DE BRUME (Dinan, France), coll. Terres mystérieuses n° (10)
Dépôt légal : septembre 2004
240 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 2-84362-245-X   
Genre : Science-Fiction 


Autres éditions
Sous le titre Chacun son tour   CHAMP LIBRE, 1977
   Jean-Claude LATTÈS, 1980

    Quatrième de couverture    
     Pourquoi, dans Le Tour du Monde en 80 jours, les origines de Fogg (Phileas) furent-elles enveloppées d'un tel mystère ? Pourquoi menait-il une vie de robot ou de pendule au mécanisme soigneusement remonté ? Et pourquoi toutes les horloges de Londres se mirent-elle à carillonner à neuf heures moins dix lorsqu'il descendit du train au terme de son voyage ? Que dissimulait exactement ce « Tour du monde » ? Vous le saurez en lisant L'Autre Voyage de Phikas Fogg, document inconnu de Jules Verne et que Philip José Farmer révèle enfin au public.
     La relecture du célèbre roman de Jules Verne permet à l'auteur d'écrire un vertigineux récit parallèle en comblant failles et approximations. Il fait appel, au passage, à deux grandes figures mythiques de la littérature d'aventure et de mystère : le professeur Moriarty et le capitaine Nemo, qui ne sont, peut-être, qu'une seule et même personne...
 
    Critiques    
     « Que savait exactement Jules Verne de la véritable histoire qui se cache derrière Le Tour du monde en quatre-vingt jours ? Il est impossible qu'il en ait possédé tous les éléments. Si tel avait été le cas, il aurait eu peur d'écrire cette histoire sous quelque forme que ce fût. »
     Ainsi commence la minutieuse relecture qu'a faite Philip José Farmer du célèbre ouvrage de Jules Verne, au terme de laquelle il affirme avoir découvert une formidable histoire cachée, celle d'un conflit entre deux races d'extraterrestres présents sur Terre depuis plusieurs siècles, les Eridanéens et les Capelléens...

     Un tel commentaire relève des mêmes procédés dont usent et s'amusent les holmesophiles et holmesolâtres, lorsqu'ils s'ingénient à prouver tout et son contraire à partir de l'œuvre de Sir Conan Doyle : Holmes était un ordinateur, Watson était une femme, ou encore — comme dans Un Subterfuge submersible ou une preuve éclatante, le texte de H.W. Starr qui clôt le présent ouvrage — le capitaine Nemo et le professeur Moriarty ne font qu'un !
     Il s'agit donc d'interpréter les lacunes, les non-dits et les éventuelles étrangetés du récit originel, comme autant d'indices évidents. Le moindre silence doit être entendu comme une preuve éloquente. Le moindre oubli ne peut que traduire une omission révélatrice. Le moindre détail de dernier plan possède toujours une signification supérieure à celle de l'intrigue principale. Dans la vie réelle, un tel délire interprétatif traduirait une personnalité gravement paranoïaque ; dans la fiction, c'est au contraire un jeu littéraire subtil et jubilatoire, surtout lorsqu'un auteur comme Philip José Farmer s'y adonne à cœur joie.

     Le récit qui en résulte, où font également irruption le capitaine Nemo et des personnages de Conan Doyle ou Robert Louis Stevenson, appartient indéniablement aujourd'hui au courant steampunk — ou plutôt protosteampunk vu sa date de parution en version originale (1973). Il fut curieusement édité en France sous le titre obscur de Chacun son tour alors que le titre original — The Other Log of Phileas Fogg, c'est à dire L'Autre journal de Phileas Fogg — ne recelait aucune ambiguïté.
     Les amateurs de récits romanesques déliés regretteront peut-être le ton docte volontairement adopté par le narrateur-commentateur pour exposer sa vision des faits rapportés par Jules Verne, car ce mode d'expression entraîne une prise de distance du lecteur vis-à-vis du récit. N'était le propos parfaitement extravagant, on pourrait se croire face à une étude tout à fait sérieuse, ce qui fait parfois fléchir l'intérêt ludique de cette entreprise de reconstruction de sens. Une version plus courte eût sans doute été plus percutante.
     Néanmoins, l'exercice, indéniablement très amusant, régalera les amateurs de pastiches littéraires et de steampunk vernien. En attendant la réédition de Tarzan vous salue bien, également annoncée dans la même collection pour 2005.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/10/2004 nooSFere


     Les Eridanéens et les Capelléens vivent, dissimulés, sur notre planète depuis des siècles. Ils se livrent une guerre sans merci et leur nombre est en baisse bien qu'ils puissent vivre infiniment plus longtemps que les humains, aussi adoptent-ils des enfants humains à qui ils transmettent leur longévité, ainsi que leurs devoirs — exterminer l'Ennemi — grâce à leur Sang.
     Phileas Fogg est de ceux-là. Celui que Jules Verne prenait pour un simple excentrique est en fait un Eridanéen d'adoption, et son célèbre pari, duquel Verne tirera Le Tour du Monde en 80 Jours, participe du Plan. C'est ce que démontre Philip Jose Farmer — qui se trouve, par extraordinaire, avoir les mêmes initiales que Fogg — dans L'Autre Voyage de Phileas Fogg, une réédition que nous offrent les éditions Terre de Brume d'un livre paru dans les années 70 sous le titre Chacun son tour.

     Les lecteurs seront peut-être rebutés par le type de narration volontairement adopté par Farmer et que rend très bien la traduction de Joëlle Lacor. En effet, tout au long du roman — mais est-ce véritablement une fiction ? — Farmer suppute, formule des hypothèses, se rapporte au texte de Verne, et il devient vite lassant de lire des pages et des pages de « Verne dit... mais en fait on peut supposer que... », des chapitres entiers au conditionnel. Pourtant, une fois accepté ce style lourd, on plonge dans une action effrénée dans laquelle on reconnaît bien l'auteur du Monde des Fleuves ou de Tarzan vous salue bien (à paraître en 2005 chez Terre de Brume). Les lecteurs de Jules Verne, au choix, détesteront ou adoreront cette « fan-fiction » qui mêle, aux protagonistes du Tour du Monde, le Capitaine Nemo ou le Professeur Moriarty !

     A travers ce roman en quelque sorte expérimental, Philip Jose Farmer apparaît comme le précurseur tant du mélange des genres que du steampunk, actuellement en plein essor, comme il fut le précurseur d'une science-fiction différente, n'hésitant pas à introduire l'érotisme et la pornographie dans un genre jusqu'alors bien sage.
     En addendum, un article de H. W. Starr (à qui Farmer dédie son roman), Un subterfuge submersible ou une preuve éclatante, tendant à démontrer la véracité probable des évènements racontés dans les œuvres de Jules Verne, en particulier Vingt mille lieues sous les mers et L'Île mystérieuse. S'il n'est pas question de races extra-terrestres, on y retrouve le Professeur Moriarty, l'ennemi juré de Sherlock Holmes, qui pourrait bien, d'après l'auteur de l'article, être un avatar du Capitaine Nemo. D'ailleurs, H. W. Starr lui-même pourrait bien n'être qu'un avatar de P. J. Farmer, mais ce n'est là que pure spéculation de la part de l'auteure de cette critique !


Lucie CHENU
Première parution : 1/3/2005 dans Galaxies 36
Mise en ligne le : 4/3/2006


 

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