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Les Anges électriques

ANTHOLOGIE

Textes réunis par André-François RUAUD



Illustration de Sébastien HAYEZ
Illustrations intérieures de Letizia GOFFI & Sébastien HAYEZ

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES , coll. Fiction Spécial n° 1
Dépôt légal : septembre 2006
368 pages, catégorie / prix : 28 €
ISBN : 978-2-915793-09-3   
Genre : Imaginaire 



    Quatrième de couverture    
     Anges gardiens, anges vengeurs, anges de la mort, anges perdus, anges moqueurs, anges énigmatiques... Étranges êtres à plumes, ils hantent des pages placées sous le double signe des anges et des esprits. Entre vie et mort, émerveillement et inquiétude : tout l'imaginaire !

     18 récits de magie et de mystère présentés par André-François Ruaud

     Fictions inédites de Jean-Pierre Andrevon, René Beaulieu, Sylvie Denis, Paul Di Filippo, Roland Fuentès, Jean-Jacques Girardot, Johan Heliot, Rhys Hugues, Richard Kearns, Kelly Link, Xavier Mauméjean, Fabrice Méreste, Fabio Nardoni, Jamil Nasir, Jean-Louis Trudel, Christian Vilà et Andrew Weiner.

     Couverture de Sébastien Hayez
     Illustrations de Letizia Goffi et Sébastien Hayez

    Sommaire    
1 - André-François RUAUD, Envolée, pages 7 à 7, Introduction
2 - Jean-Pierre ANDREVON, Les Ailes brisées, pages 9 à 15
3 - Sylvie DENIS, La Mort de l'ange, pages 17 à 43
4 - Roland FUENTÈS, L'Ombre sur le Pont Charles, pages 45 à 53
5 - Christian VILÀ, Les Derniers Jours d'Edgar Poe, pages 55 à 89
6 - Jean-Louis TRUDEL, Des anges sont tombés, pages 91 à 93
7 - Kelly LINK, Carnation, Lily, Lily, Rose (Carnation, Lily, Lily, Rose), pages 95 à 109, trad. Lionel DAVOUST
8 - Johan HELIOT, Le Goût de l'Amour, pages 111 à 134
9 - Rhys HUGHES, Les Coucous de la félicité (Cuckoos of Bliss), pages 135 à 154, trad. Patrick MARCEL
10 - Fabrice MÉRESTE, Des ailes dans la tête, pages 155 à 178
11 - Jean-Jacques GIRARDOT, Le Dernier garçon, pages 179 à 183
12 - Fabio NARDINI, Michel-Ange au pétrin (Michelangelo inguaiato), pages 185 à 195, trad. Éric VIAL
13 - Paul DI FILIPPO, Créateurs d'anges (Angelmakers), pages 197 à 217, trad. Gilles GOULLET
14 - Jamil NASIR, Dormeurs, sortez du sommeil (Sleepers Awake), pages 219 à 238, trad. Stéphan LAMBADARIS
15 - Xavier MAUMÉJEAN, ImCon 15', pages 239 à 244
16 - René BEAULIEU, Cendres, pages 245 à 282
17 - Andrew WEINER, Passage (Crossing), pages 283 à 296, trad. Marc FÉVRIER
18 - Richard KEARNS, Les Anges des tombes (Grave Angels), pages 297 à 327, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
19 - Jean-Pierre ANDREVON, Gardiens, pages 329 à 343
20 - André-François RUAUD, Anges & esprits, la vie rêvée des morts, pages 345 à 359, Postface
21 - (non mentionné), Nos plumes, pages 361 à 365, Dictionnaire d'auteurs
 
    Critiques    
     Les Anges électriques... Quel titre étrange ! Étrange, être-ange, étranger... Anges et esprits sont les personnages qui hantent cette anthologie. Dix-sept auteurs, en dix-huit nouvelles, explorent toutes les facettes de l'Imaginaire à la recherche des anges, anges gardiens ou passeurs d'âmes, employant pour cela toutes les couleurs d'une palette qui s'étend de la vie à la mort, ou au-delà. Ils sont accompagnés par Sébastien Hayez, avec une couverture étonnante, qui s'étend sur quatre pans dépliables.

     Il y en a pour tous les goûts. Des nouvelles qu'on admirera pour leur forme : originale, comme celle de Sylvie Denis ; décalée, comme chez Jamil Nasir ; expérimentale, pour Andrew Weiner, dont la métaphore est cruelle. Et puis il y a les textes plus sobres, de facture plus classique, que certains lecteurs préféreront. Parmi eux, les deux très belles nouvelles de Jean-Pierre Andrevon — parce que pour le plus grand bonheur des lecteurs, André-François Ruaud, dans l'incapacité de choisir, a décidé de publier les deux textes qu'Andrevon lui avait envoyés ! Très différents l'un de l'autre, ils encadrent à merveille cette anthologie et l'ancrent dans cette optique particulière, qu'on peut définir comme la « patte éditoriale » des Moutons électriques, qui penche vers une fantasy moderne mâtinée de science-fiction, au mépris des étiquettes. Ainsi, les futurs abominables que décrivent Johan Heliot, Fabio Nardini et Xavier Mauméjean, le poème poignant de Jean-Louis Trudel, le fantastique de Richard Kearns, participent-ils de ce mélange piquant. Mais les nouvelles les plus efficaces sont les plus simples. Ce sont elles qui lient l'anthologie, qui font véritablement « prendre la sauce » : la fantasy futuriste de Paul Di Filippo, la tendre nouvelle épistolaire de Kelly Link, et les intrigues percutantes de Fabrice Méreste (alliant SF et fantasy, littérature et sculpture), de René Beaulieu (qui nous rappelle que les histoires d'amour sont les plus belles), et d'Andrevon (on ne sort pas indemne de Gardiens, son second texte).

     Les Anges électriques n'est pas un livre à emmener sur la plage, il secoue trop ; on a besoin d'une pause entre deux textes. C'est un livre exigeant, qu'il faut mériter pour l'assimiler pleinement.


Lucie CHENU
Première parution : 12/5/2007 nooSFere


     Après des années d'atermoiement et de galère, période méandreuse qu'André-François Ruaud évoque dans sa petite présentation sobrement intitulée « Envolée », voici que paraît Les Anges Electriques, une anthologie dont la première incarnation aurait dû être publiée sous le titre Fées & Gestes 2 et qui naît, enfin, sous la forme d'un numéro spécial de la (nouvelle) revue Fiction, dotée d'une couverture anti-commerciale à souhait et d'un prix exorbitant, 28 euros. Etrange destin... et aberration commerciale totale. Car il faut être téméraire ou désespéré pour rattacher une anthologie au thème fort, facile à identifier, autonome (les anges), à une revue Fiction qui ne marche pas en librairie, dont le nombre d'abonnés est insuffisant, dont le format, trop large, est inadapté à la lecture de récits... Parution suicidaire pour les uns, ultra couillue pour les autres, mal ciblée de l'avis quasi général, qui n'aidera ni Fiction ni Les Anges électriques et qui évoque surtout une chevauchée sabre au clair sus à l'ennemi : vingt chevaliers blancs (les auteurs, l'anthologiste, ses traducteurs, son maquettiste) contre les noires armées de la Big Commercial Fantasy, le tout soutenu par la musique quasi-wagnérienne du Carmina Burana de Carl Orff. Problème : ce genre de cavalcade martiale à un contre deux mille, même dans l'Excalibur de John Boorman, ça ne finit pas super bien.

     Critiquer le contenu de ces Anges Electriques est difficile car les textes y abondent, dix-huit, excusez du peu. Et comme on peut s'y attendre, il y a des choses qu'on adore, d'autres qu'on déteste, d'autres qui laissent indifférent ou que l'on oublie une fois la dernière page tournée. Dix-huit textes, très différents (il y a de la fantasy, de la S-F, du fantastique, de la mauvaise littérature générale), où il n'est pas toujours question d'anges. Par exemple, dans « Carnation, Lily, Lily, Rose » de Kelly Link, le meilleur texte du lot à mes yeux, il n'y a pas de créatures ailées ; on y suit un « défunt » qui écrit une longue lettre et se promène sur une plage sise non loin d'un étrange hôtel, désert et impossible, comme surgi de l'œuvre de J.G. Ballard. Dix-huit textes, dont malheureusement, à la lecture, j'ai surtout relevé les écueils : fautes de mise en page (on ne foliote pas les pages d'illustration d'une anthologie, les tirets de dialogue sont à géométrie variable), fautes de français, d'orthographe, maladresses de traduction... Des écueils qui ne gâchent peut-être pas tout, mais font un dégât considérable, ambiance « trous dans l'emmental et grincements de dents ».

     Comment accepter sans broncher de lire la nouvelle de Kelly Link, de tiquer après dix lignes, de recommencer le premier paragraphe et de comprendre que le traducteur n'a pas compris que c'est du prénom et non du nom de sa femme que le défunt ne se souvient pas ? Des prénoms féminins qui s'enchaînent, Mary, Coraline, Coralee, etc., jusqu'à la fin de cette magnifique nouvelle.

     Sur la nouvelle de Rhys Hugues, qui évoque Le Troisième policier de Flann O'Brien (chef-d'œuvre de la littérature irlandaise disponible en poche chez Phébus, comme il se doit), c'est la traduction qui fout tout en l'air, ou presque :
     « Son seul avantage était qu'ils étaient gênés par leurs déguisements. C'était là à l'évidence des membres de la police secrète. » p 140. On a emmuré vivant des traducteurs pour moins que ça.

     La vraie catastrophe, en fait, en ce qui me concerne, ce n'est pas tellement ces désagréments de lecture, ces cahots sur la route, mais le nombre de textes que j'ai vraiment aimés : trois sur dix-huit, Kelly Link déjà citée, Paul Di Filippo (pour une formidable nouvelle de S-F) et Richard Kearns pour une nouvelle de fossoyeur, typiquement américaine, qu'auraient pu écrire Terry Bisson ou Ray Bradbury (on notera au passage la magnifique traduction de Jean-Daniel Brèque, qui excelle dans ce genre d'exercice).

     Pour ce qui est des nouvelles francophones, beaucoup de déceptions : Christian Vilà revient sur les derniers jours d'Edgar Allan Poe, mais comme il n'est pas le premier (« In the sunken museum » de Gregory Frost), que son travail de recherches sur l'Amérique de l'époque a été insuffisant et que son style est loin d'être parfait, je n'ai pas vraiment accroché à son texte, où Poe, poursuivi par des anges de lumière, rencontre une pute grassouillette qui n'est autre qu'Annabel Lee ; Johan Heliot signe une pochade américaine ambiance hippie qui ne rime à rien et ressemble trop à un texte écrit par un petit frenchy pour fonctionner ; Xavier Mauméjean gagne en clarté mais perd en impact sur sa nouvelle « ImCom 15 » ; René Beaulieu écrit comme une patate et son texte s'impose comme le plus long de la sélection (« long » dans tous les sens que peut endosser l'adjectif). Seule bonne surprise francophone, Fabrice Méreste, qui frôle l'excellence, avec un texte trop sensuel pour être qualifié d'eganien, même s'il y a un peu de Greg Egan dedans ; dommage que la chute, qui pourrait être facilement considérée comme un tract catho anti-avortement, ajoute au texte une morale nauséabonde.

     Alors, comment conclure ? Juste sur une évidence... Ce livre est beaucoup trop cher pour ce qu'il est et ce qu'il contient (je ne serai pas surpris qu'il reste largement invendu), mais André-François Ruaud, ancien capitaine du Yellow Submarine et actuel berger-chef des Moutons Electriques, mérite le soutien des lecteurs de Bifrost, parce qu'il publie des textes que vous ne lirez nulle part ailleurs, étonnants et souvent enthousiasmants (voir ma critique du quatrième Fiction, plus avant dans ce numéro de Bifrost). Ceux qui ont du cœur, ou mieux, une âme de militant anti-BCF, n'ont plus qu'a faire un tour sur le site <www.moutons-electriques.com> pour y choisir un livre, histoire que cette belle aventure continue.

Thomas DAY
Première parution : 1/1/2007 dans Bifrost 45
Mise en ligne le : 14/3/2008


 

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