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Au bord du gouffre

Michel LAMART



Illustration de Jules-César MURACCIOLE

MAISON DE LA CULTURE ANDRE MALRAUX
Dépôt légal : 4ème trimestre 1983
148 pages, catégorie / prix : 39 FF
ISBN : néant   



    Quatrième de couverture    
     Que se passera-t-il donc lorsque vous serez au bout du chemin ? D'autres chemins se dérouleront-ils devant vous ? Mieux vaut encore ignorer ce que vous apprendrez bien assez tôt !
 
    Critiques    
     Les édiles culturels ont du goût en Champagne-Ardenne ! En effet. l'Office Culturel Régional (en association avec la Maison de la Culture André-Malraux) ayant décidé d'éditer un recueil à l'occasion du Festival Policier de Reims, les responsables du projet sont immédiatement tombés d'accord à la lecture du manuscrit de Michel Lamart. On ne peut qu'applaudir en découvrant à leur suite cette fascinante plongée dans l'angoisse quotidienne, cette exploration tout en finesse et en décalage de notre bruyante solitude, où l'horreur côtoie souvent la plus sordide banalité. Lamart plante le décor par touches successives, comme un peintre devant son chevalet, pour nous abandonner soudain au bord du gouffre.
     Quinze nouvelles (dont douze inédites) sont ainsi proposées, dans une unité de ton et de climat sans faille, à notre regard de voyeur. Dans une ambiance feutrée, nous traversons les rues d'une ville éternelle où la mort choisit ses victimes une à une. Avec l'aveugle des yeux en poche, nous passons des heures interminables au fond d'un bistrot à cuver notre passé de lumière, une main frôlant deux billes molles et lourdes de sens Fébrilement, nous feuilletons un annuaire dans La nuit au bord du gouffre, espérant enfin découvrir notre propre identité. Impuissants, nous suivons du regard l'enfant innocent de Prom'nons-nous dans les bois qui s'offre aux bras de son assassin. Mais qui est la victime ? Nous vidons notre verre avec les disparus dans L'auberge de l'Homme Mort, avant de nous étendre sur la froideur du marbre : nous jouons à la poupée avec le cadre décomposé d'une fillette nommée Mathilde, nous brandissons au-dessus d'un lit une lame ensanglantée : nous... Car c'est cela tout l'art de Lamart : le lecteur ne “ consomme ” pas le récit, il s'y intègre par la force des mots : il se sent concerné par ces cheminements incertains, essouflé par ces courses vaines dans les dédales de I'immense cité/l'immensité, luttant lui aussi pour s'extraire d'un puits aux parois de plus en plus glissantes, au bord de plus en plus élevé. Basculé de l'autre côté du miroir.
     Quinze récits sans délimitation de genre. Publié à l'occasion d'un festival de littérature policière, ce recueil s'adresse tout aussi bien aux amateurs d'insolite, de science-fiction, de fantastique, d'horreur, ou de n'importe quelle littérature en général pourvu qu'elle soit de qualité. Flirtant avec toutes les tendances, il n'en choisit aucune. Une fois de plus (voir Le porteur de clés, La pièce manquante dans Fiction ou Promenade sentimentale dans les ruines dans Mouvance), Michel Lamart nous prouve l'originalité de son talent qui se moque de l'étiquette. C'est pourquoi il nous est impossible de définir ce livre : tout classement serait forcément abusif. Toutefois, nous pouvons tenter de faire partager l'effrayant plaisir que procure sa lecture.


Raymond MILÉSI
Première parution : 1/5/1984 dans Fiction 351
Mise en ligne le : 1/11/2005


 

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