Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Après... la guerre atomique

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Charles NUETZEL

Titre original : If this goes on



MARABOUT - GÉRARD , coll. Bibliothèque Marabout - Science fiction n° 345
Dépôt légal : 1970
320 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
Pas de texte sur la quatrième de couverture.

    Sommaire    
1 - Richard MATHESON, Le Test (The Test), pages 5 à 28
2 - Alfred Elton VAN VOGT, Les Assassins de la Terre (The Earth Killers), pages 29 à 67
3 - Ib MELCHIOR, Le Pilote (The racer), pages 69 à 82
4 - Isaac ASIMOV, Toute la misère du monde (All the troubles of the world), pages 83 à 104
5 - Fritz LEIBER, Amis et ennemis (Friends and Enemies), pages 105 à 127
6 - Sherwood SPRINGER, Le Pays de Nod (No land of Nod), pages 129 à 154
7 - George J. FREDERICK, Un homme très cultivé (A very cultured taste), pages 155 à 166
8 - Forrest J. ACKERMAN, La Question muette (The mute question), pages 167 à 170
9 - Charles NUETZEL, Homo Sapiens (Homo Sap), pages 171 à 177
10 - Donald Allen WOLLHEIM, Aquella (The Planet Called Aquella / Aquella), pages 179 à 187
11 - Marion Zimmer BRADLEY, La Vague montante (The Climbing Wave), pages 189 à 270
12 - Willy LEY, Votre vie en 1977 (Your life in 1977), pages 271 à 284, Article
13 - Ray BRADBURY, Presque la fin du monde (Almost the End of the World), pages 285 à 297
14 - Fredric BROWN, En Absurdie (Preposterous), pages 299 à 302
15 - Charles NUETZEL, La Guerre atomique est pour demain, pages 315 à 312, Article
16 - Forrest J. ACKERMAN, Les Plus grands noms S.F., pages 320 à 316, Article

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
La Course à la mort de l'an 2000 , 1975, Paul Bartel (d'après le texte : Le Pilote)
I racconti di fantascienza di Blasetti ( Episode : L'esame ) , 1979, Alessandro Blasetti (d'après le texte : Le Test), (Episode Série TV)
Death Race , 2008, Paul W.S. Anderson (d'après le texte : Le Pilote)
 
    Critiques    
     L'époque est devenue lointaine où les éditions Marabout nous donnaient, au fil des ans, un ou deux ouvrages annuels (ressortissant aux genres qui nous intéressent) à nous mettre sous la dent. Depuis leur première publication fantastique (Les contes d'Edgar Poe, n° 109), suivie à près de cent numéros d'écart par leur première publication S.F. (Les 20 meilleures nouvelles de science — fiction, n° 207), le rythme s'est accéléré. Signe des temps, une série autonome, « Marabout-fantastique », s'est détachée du « Marabout-géant », pour à son tour se scinder en deux, à l'occasion d'un regroupement à effet rétroactif qui sépare le « Marabout-fantastique » proprement dit du « Marabout-science-fiction ».
     Signe des temps, les couvertures ont acquis un relief plus vigoureux, les publications Marabout ayant opté pour une illustration gouachée de bonne pâte, avec une couleur dominante se détachant sur fond noir, où nous retiendrons particulièrement les spectres bleus de Aux portes de l'épouvante et les humanoïdes vert sulfureux de Après...
     Signe des temps, les volumes sont maintenant complétés par un abondant « Dossier-Marabout » qui présente le livre et son auteur, et si les « Avis du conseil de lecture », où ne s'alignent que des appréciations dithyrambiques, nous semblent superflus, on goûtera par contre un avis de Jacques Bergier (La guerre des mouches), une interview de l'auteur (Mort au champ d'étoiles).
     Signe des temps, les éditions Marabout ont ouvert au maximum le champ de leurs publications, puisqu'on y trouve côte à côte le fantastique le plus classique avec l'anticipation la plus moderne, le roman avec le recueil de nouvelles, l'inédit avec la réédition, l'ouvrage vieux d'un siècle avec l'écrit le plus récent, le texte français avec le texte étranger — éclectisme qui était jusqu'alors l'apanage des seuls « Présence du Futur ».
     Marabout mérite désormais une bonne place dans notre bibliothèque spécialisée. Et, signe des temps, l'oiseau de marque de la maison, qui orne le coin en haut à gauche de chaque couverture, a abandonné son allure claudiquante et affairée pour se planter solidement, face à nous, sur sa patte unique...
     Il nous reste à souhaiter peut-être un plus grand discernement dans le choix des titres, et aussi une traduction plus soignée des textes étrangers, avant que notre satisfaction soit totale.
     Depuis janvier 1970, les éditions Marabout ont publié une demi-douzaine d'ouvrages relevant de la S.F. ou du fantastique. Je me propose de les passer en revue, allant, comme il se doit, du moins bon au meilleur...

     (...) suivent dans l'ordre les critiques de La chinoise blonde d'Alexander Cordell, Mort au champ d'étoiles de Bernard Villaret


     Après... la guerre atomique est une anthologie de textes réunis par Charles Nuetzel et parue aux Etats-Unis en 1965, sous le titre If this goes on, qu'on peut traduire par : « Si cela se produisait ». Pourquoi avoir fait miroiter, dans le titre français, une bombe qui n'explose effectivement que dans un petit tiers des récits, c'est là un mystère topologique dont la S.F. d'exportation est, par essence probablement, coutumière... Ceci admis, voici donc un livre qui comporte quatorze récits, du plus long (80 pages) au plus court (une), et du meilleur au pire (celui-ci étant simplement très honorable, celui-là étant nettement nul). L'ensemble est assez anarchique et se situe au niveau d'une moyenne assez terne. Si on veut bien admettre que « le meilleur choix de nouvelles est celui que l'on fait pour soi-même », le goût (ou les possibilités) de Nuetzel (soutenu, dans une préface, par Forrest J. Ackerman) sont assez limités, pour ne rien dire de son talent personnel : le plus mauvais récit du recueil, Homo sapiens, affligeante pochade sur la succession de l'Homme par les singes ayant à leur tour goûté de la pomme, est de la plume de l'anthologiste en personne, qui eût été bien inspiré en se montrant plus discret.
     Choisissant d'aller du pire au meilleur, j'écarterai ensuite Votre vie en 1977, simple article prospectif ( ?) du vulgarisateur Willy Ley, dont on se demande ce qu'il vient faire dans un recueil de nouvelles, sa matière étant en outre fort ténue et déjà bien éventée. En absurdie, de Fredric Brown, et La question muette, de F.J. Ackerman, ne sont que deux « short-short » dont l'humour tombe malheureusement à plat. On remonte quelque peu avec Le pilote, d'Ib Melchior, récit d'une course de bolides où ce n'est pas la vitesse seule qui compte, mais aussi le score « à la marque », qui homologue les piétons écrasés sur la route par les conducteurs. La nouvelle veut être une satire du sport dans ses déviations les plus fascistes, mais un développement qui veut faire la part trop belle à une psychologie larmoyante nuit à sa force d'impact. Amis et ennemis, de Fritz Leiber, suit quelques personnes dans une Amérique bouleversée par une guerre largement tiède et vivant dans la hantise de la Bombe ; il s'agit là de la description d'un climat, technique où Leiber d'ordinaire excelle, mais cette fois l'inspiration n'est pas tout à fait à la hauteur du décor. Un homme très cultivé, de George Frédéric (l'anthropophagie chez les survivants de la Bombe), Aquella, de D.A. Wollheim (un voyageur stellaire visite un monde atomisé qui n'est autre que la Terre), Le pays de Nod, de Sherwood Springer (The last man, pour perpétuer la race, se voit obligé de coucher avec les trois dernières femmes, qui se trouvent être ses propres filles), sont des récits correctement écrits, mais leur traduction en France en 1970 les rend absolument caducs tant les thèmes traités sont devenus banaux. Disons pour les départager que Aquella est d'une bonne tenue poétique, alors que Le pays de Nod fait preuve d'une prudence tellement hypocrite qu'on en reste rêveur... Signe des temps, sans doute : le récit date de 1953.
     On ne touche à la moyenne qu'avec Le test, de Richard Matheson (déjà lu dans Fiction), qui rend compte du dernier jour d'un vieillard dans une société surpeuplée qui a instauré un contrôle sélectif du troisième âge. C'est mineur, sans doute, mais grinçant à souhait. Toute la misère du monde, d'Isaac Asimov, est une nouvelle basée sur le concept du robot, terrain familier au grand Isaac, qui imagine cette fois qu'un ordinateur géant, contrôlant toute la population mondiale, en vient à « craquer » et, devenu neurasthénique, cherche à se détruire avec le concours d'un homme manœuvré à son insu. Le développement est peut-être un peu sec (c'est, si l'on veut, le défaut majeur d'Asimov), mais la parabole est tracée de main de maître.
     On escalade un échelon encore avec Presque la fin du monde, de Bradbury (déjà paru dans Les machines à bonheur, chez Denoël), qui exploite à fond, comme toujours chez cet auteur, une idée en apparence aussi naïve que réduite : privés de la télévision à cause d'une perturbation solaire, les Américains, « décrétinisés » (comme dirait Dali), recommencent à se voir, à parler, à communiquer, à agir : et la première chose que font les habitants d'une petite ville du Sud est de repeindre entièrement leurs maisons avec des couleurs luisantes et gaies. Ce n'est certes pas de la S.F., et certains peuvent détester. Il me semble qu'il y a pourtant là une écriture à laquelle devraient être sensibles mêmes les plus sectaires.
     Avec Les assassins de la Terre, une nouvelle écrite par van Vogt en 1949, on entre dans un tout autre registre. Une pluie de bombes atomiques raye soudain les Etats-Unis de la carte du monde civilisé. Qui a attaqué ? C'est ce qu'un homme seul (le « héros » van vogtien classique — bien que celui-ci soit dépourvu de pouvoirs supra-normaux) découvrira au bout d'une longue quête. La chute, que je me garderai de dévoiler, dénote des tendances politiques chez un auteur où il avait été bien difficile, jusqu'à présent, de déceler un quelconque « engagement », et ce n'est pas le moindre charme d'une oeuvrette où sont présentes toutes les qualités de l'auteur : imagination, sens du suspense, solidité de construction.
     Mais c'est cependant à Marion Zimmer Bradley que je décernerai la palme, pour sa novelette La vague montante ( « The climbing wave », que les lecteurs de Fiction ont pu lire jadis sous la traduction Marée montante), qui décrit le retour sur la Terre d'un vaisseau interstellaire lancé plusieurs centaines d'années auparavant, après que les descendants des premiers colons ont fait souche sur une planète du Centaure. L'équipage retrouve une Terre entièrement transformée, où le concept de nations n'existe plus, et où la science semble avoir régressé considérablement, puisque l'économie est fondée sur un système de communes pastorales.
     Si l'on passe sur quelques scories (il est difficile d'admettre, aujourd'hui, que les passagers du Homeward aient dû pratiquer l'abstinence pendant cinq ans — l'auteur ayant choisi d'ignorer l'usage des contracepteurs), ce récit, qui remonte à une quinzaine d'années, est remarquable en ceci qu'il nous accroche d'emblée par des préoccupations très actuelles. Le concept de la conquête de l'espace, par exemple, est sévèrement critiqué par les Terriens pastoraux. (« Les Barbares ont fait beaucoup de choses (...) stupides. Pourquoi tout cela devrait-il être appelé conquête ? On encouragerait les hommes à se rendre dans des mondes auxquels ils ne sont pas adaptés ?) Loin d'être réactionnaires, ces vérités, au contraire, devraient être soufflées à tous ces prophètes illuminés qu'on vit, lors de l'alunissage de juillet 1969, déclamer à longueur de colonnes et d'émissions que l'humanité entrait dans une ère nouvelle et que la vie de chacun en allait être changée.
     En réalité, la « conquête » spatiale ne changera en rien la vie des 99,99 [%] de l'humanité, ni maintenant, ni dans dix ans, ni dans cinquante. C'est ce que nous disait déjà Mrs. Bradley, par la bouche d'un villageois qui apprend aux revenants des étoiles que les Terriens ont fait volte-face à temps, en s'occupant sérieusement d'eux-mêmes, commençant par supprimer la famine et son corollaire, la guerre. La société pastorale est le résultat de cette évolution, qui n'était régression qu'en apparence, car les possibilités de la technique et de la science ne sont en rien abandonnées, mais seulement mises en sommeil pour ne pas aliéner l'homme à la machine et à la consommation. On aura reconnu là un profil social cher à Marcuse — que les Américains, et Mrs. Bradley en particulier — ont lu bien avant nous. C'est donc grâce à cette infrastructure socio-politique que La vague montante est passionnant : le fait qu'il entre en résonance avec des préoccupations tout à fait contemporaines fait de ce récit une « anticipation » au sens véritable du terme.
     En voilà donc terminé avec un recueil qui a ses hauts et ses bas, mais dont on peut dégager finalement trois facteurs positifs : la présence de nombreux auteurs peu (ou pas du tout) connus en France ; une forte proportion d'inédits (onze sur quatorze), et la présence à son sommaire de l'œuvre de Mrs. Bradley, qui justifie à elle seule l'achat du livre — pour autant qu'on n'ait pas lu Marée montante dans le Fiction d'une époque qui nous paraît déjà héroïque...

     (...) suivent dans l'ordre les critiques de La nuit des mutants de Jean Sadyn, Aux portes de l'épouvante anthologie de Kurt Singer, La guerre des mouches de Jacques Spitz.


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/10/1970 dans Fiction 202
Mise en ligne le : 25/4/2002


 

Dans la nooSFere : 60465 livres, 54465 photos de couvertures, 54353 quatrièmes.
7936 critiques, 32812 intervenant·e·s, 1092 photographies, 3637 Adaptations.
 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies