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L'Aube du soleil noir - 1

Celia S. FRIEDMAN

Titre original : Black sun rising, 1991

Cycle : L'Aube du soleil noir vol.

Traduction de Alain ROBERT
Illustration de Vincent MADRAS

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (12)
Dépôt légal : février 2000
304 pages, catégorie / prix : 98 FF
ISBN : 2-84172-128-0   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Erna, douze siècles après l'arrivée des colons en provenance de la lointaine Terre. Tandis que le souvenir de la planète mère et de sa technologie s'estompait, les hommes ont partiellement pris possession de leur nouvel environnement où règne le « fae », une force naturelle omniprésente qui se nourrit de l'esprit lui-même et donne vie aux plus beaux rêves comme aux pires cauchemars.
     Adeptes et sorciers ont appris à manipuler le fae à leur plus grand profit comme à leur plus grand risque. Et c'est en voulant secourir une adepte, Ciani, que le prêtre guerrier Damien Vryce prend le chemin d'une quête qui le conduit d'abord sur les traces du « chasseur », puissant et mystérieux sorcier qui règne sur une forêt interdite.
     Prêtre, adepte, apprenti, sorcier : tous quatre seront liés dans une mission où l'avenir même de l'humanité sur Erna est en jeu.
 
    Critiques    
     « Ne parle pas de magie [...]. Il ne s'agit pas de cela. Le fae est aussi naturel à ce monde que l'eau et l'air l'étaient sur la planète de nos ancêtres. Il faut nous débarrasser des préjugés qu'ils nous ont légués si nous voulons apprendre à le connaître et à le maîtriser. » (p.11)

     Des sorciers, des apprentis, des créatures fantastiques... : nul doute, la couleur et l'ambiance du récit sont celles de la fantasy. Mais nous sommes sur une lointaine colonie terrienne et la magie découle d'une force naturelle : il s'agit donc de science-fiction. Cependant cette force ne reçoit pas la moindre justification physique : décidément, il est vain de vouloir trancher, et seule l'étiquette pourtant fort controversée de science fantasy semble appropriée pour ce superbe roman, véritablement inclassable puisqu'il penche également vers le fantastique et la terreur.

     Celia Friedman décrit en effet un univers complexe et tout à fait extraordinaire. Par de puissantes images, elle évoque une terre parcourue de formidables courants d'énergie, que certains hommes peuvent voir sous forme d'ondes chatoyantes, et que d'autres ont appris à maîtriser. Il a même été dressé des cartes de ces courants dont l'origine demeure (pour l'instant ?) mystérieuse.
     Pour ceux qui domptent cette force, la magie est devenue réalité, mais le fae a plus d'un revers... Il peut notamment s'insinuer dans les failles de l'esprit humain et permettre l'incarnation de démons aussi divers que succubes et vampires... Ces créatures nocturnes font de la nuit d'Erna un autre monde particulièrement redoutable, dont il faut s'abriter et se protéger par des amulettes magiques.
     Mais pour ceux qui savent la regarder, la nuit recèle aussi des attraits, dont « le fae obscur, comme on l'appelle, une force si sensible que la clarté de la lune suffit à la tarir et si intense que la mort elle-même recule devant elle. » (p.48)

     Le fae a aussi d'autres conséquences. Il influe par exemple sur l'évolution des espèces, qu'il accélère de façon démesurée. L'arrivée des hommes sur Erna — et avec eux celle de leurs peurs et de leurs cauchemars incontrôlables — a ainsi entraîné une perturbation aux effets incalculables. Outre l'émergence des démons, elle a précipité l'évolution d'une race autochtone, les Rakhs, que les craintes des humains façonnent à leur image...

     Ne dévoilons pas l'intrigue, qui prend la forme d'une quête traditionnelle, en compagnie de sympathiques personnages, dont le très ambigu Gérald Tarrant. Soulignons simplement que malgré la complexité de l'univers mis en place, le roman ne dépasse pas 300 pages : Friedman n'est pas du genre à tirer à la ligne et à diluer son propos dans d'interminables et anecdotiques péripéties.
     Cette concision n'empêche cependant pas le style d'être limpide, généreux et chaleureux, subtil et chargé d'émotion. Grâce à son écriture très imagée, puissante et fluide, Friedman n'a aucune difficulté à nous transporter dans son univers. Elle sait faire vibrer l'atmosphère et, à condition d'activer sa Vision, le lecteur percevra sans peine le crépitement du fae qui semble s'écouler de ces pages.

     La réussite est donc complète : ce début particulièrement brillant et prometteur nous fait attendre la suite avec impatience.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/3/2000 nooSFere


     Nous sommes sur Erna, une planète colonisée par l'humanité il y a plus d'un millénaire et qui ressemble à la Terre comme deux gouttes d'eau. À ceci près que sur Erna, il y a le fae. Une force (« Viens du côté obscur de la Force, Luke... ») étrange, inhérente à ce monde, un pouvoir naturel qui semble régir toute vie, influer sur toute chose, jusque dans le cœur même des molécules... Si interagir avec le fae présente un danger certain, c'est aussi le moyen d'altérer son environnement, d'acquérir des pouvoirs susceptibles de faire de vous un véritable magicien. Car ce que peut offrir le fae est à la hauteur de ce qu'il peut prendre : cette force est toute puissante et c'est pas un truc de rigolos, c'est même capable de matérialiser la peur, les cauchemars les plus profonds enfouis dans le subconscient de l'être humain — d'où les vampires et autres joyeusetés qui hantent les nuits de ce monde charmant. Sur Erna donc, les hommes, trop occupés à lutter pour leur survie contre un environnement qu'ils ne comprennent que partiellement, ont pour la plupart perdu jusqu'au souvenir de la Terre. La science, altérée par le fae (les constantes de la physique terrienne, pour cause de fae, ne fonctionnent pas sur Erna), a pour ainsi dire disparu. C'est dans cette environnement médiévalisant que le prêtre guerrier Damien Vryce, tout juste arrivé à Jaggonath après un voyage éprouvant, a la mauvaise idée de tomber amoureux de Ciani, une adepte (c'est à dire quelqu'un maîtrisant le fae de façon innée comme pas possible) bien roulée qui ne tarde pas à se faire attaquer par des espèces de vampires psychiques qui lui dévorent une partie de sa mémoire, lui faisant, en conséquence, perdre tout ses pouvoirs. Les salops ! C'en est trop pour Damien qui, en compagnie de Senzei, sorcier de son état et fidèle compagnon de Ciani, entreprend de monter une expédition afin de retrouver les agresseurs de la belle. C'est sûr, ça va chier des rondelles !

     Nous voici en plein dans ce que l'ami André-François Ruaud nomme la BCF, entendez la Big Commercial Fantasy (même si L'Aube du soleil noir n'est pas à proprement parler de la fantasy). C'est joliment tourné, efficace, mais pas vraiment révolutionnaire. Ceci dit, le présent bouquin n'a rien de scandaleux. La traduction est à la hauteur, le texte bien tourné, certaines ambiances tout ce qu'il y a d'efficace (à ce sujet, le prologue est un véritable petit chef-d'œuvre). Ce serait même fort divertissant si ce n'était si long. Car nous voici face au problème majeur de ce premier volume : L'Aube du soleil noir tire à la ligne comme c'est pas possible ! On poirote, on s'égare dans des atermoiements psychologiques inutiles et forcés, bref on finit, c'est inévitable, par s'ennuyer ferme. Et c'est particulièrement frustrant car, on l'a dit, il y a dans ce roman de véritables morceaux de bravoure.

     Celia S. Friedman est une jeune autrice (à peine une quarantaine d'années) américaine. Si elle a déjà signé six romans, L'Aube du soleil noir est son premier titre traduit en français — une édition française qui, contrairement à l'américaine, a été coupée en deux volumes, la suite étant annoncée pour fin juin. Même si ce roman ne nous a pas complètement convaincus, il a néanmoins le mérite de révéler un nouveau talent somme toute assez prometteur, pour peu qu'il oublie cette vilaine habitude des digressions systématiques et du souci du détail débile. Bref, néanmoins, de quoi féliciter, une fois de plus, les éditions L'Atalante et attendre (avec une once de doute tout de même) La Citadelle des tempêtes 1, qui clôturera ce diptyque artificiel.

Notes :

1. Finalement publié sous le titre L'Aube du soleil noir - 2 [note de nooSFere]


ORG
Première parution : 1/5/2000 dans Bifrost 18
Mise en ligne le : 5/10/2003


 

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