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Aux confins du temps

John UPDIKE

Titre original : Toward the End of Time, 1997

Traduction de Claude DEMANUELLI & Jean DEMANUELLI

SEUIL (Paris, France), coll. Cadre vert
Dépôt légal : septembre 2000
368 pages, catégorie / prix : 140 FF
ISBN : 2-02-033920-X   



    Quatrième de couverture    
     2020 : les Etats-Unis émergent de la barbarie où les a plongés une terrible guerre avec la Chine ; l'absence de gouvernement central prive Washington de ses anciennes prérogatives, et la Nouvelle-Angleterre est coupée du reste du continent dévasté. C'est dans ce monde que Ben Turnbull, ancien conseiller financier dans un cabinet de Boston, vit sa propre déchéance, au rythme des saisons de sa soixante-sixième année et au fil d'un temps qui se situe entre rêve et réalité, science et science-fiction, et qu'il essaie d'apprivoiser dans les pages d'un roman aux allures de journal (très) intime.
     Fantasmes avortés, questionnements sur l'origine et la fin de l'univers, regrets de n'avoir pas assez « prêté attention au monde », angoisse devant la décrépitude physique : ce tableau serait sombre s'il n'était éclairé par un humour qui tourne parfois à l'ironie, la constante célébration de la nature, évoquée avec un extraordinaire sens de l'observation et de la poésie, et par la puissance et l'affirmation de la vie chez un homme aux pouvoirs visionnaires qui donnent à l'approche de son hiver une dimension symbolique universelle.
     Aux confins du temps ou la tentation de l'apocalypse vaincue.
 
    Critiques    
     Pourquoi ne serait-ce pas de la SF ? On est en 2020, l'Amérique est sortie d'une guerre nucléaire avec la Chine, le Mexique se défend contre l'immigration clandestine, le dollar a fait place à des monnaies locales, tout pouvoir central a disparu, et de petits truands, parfois des enfants, pratiquent un racket qui esquisse un État futur. Des formes de vie purement mécaniques, et plutôt dangereuses, se sont développées, « métallobioformes » ou « babioles », une station spatiale géante tourne, et nul ne peut la rejoindre, un « gigantesque tore » flotte dans l'espace comme l'œil de Dieu, et on s'interroge sur la fin de l'univers au terme de sa contraction, ou sur les conséquences futures de l'évolution darwinienne. S'y ajoutent sans avertissement des pages oniriques, où le narrateur est sur une planète où l'or est partout, puis seul sur une autre, recouverte par un immense champignon...
     Entre-temps, dans ce journal intime d'une année d'un sexagénaire, la vie continue, entre observation de la nature (daims, plantes, oiseaux), enfants et petits-enfants (l'ADN persiste à tout faire pour se diffuser), histoires de cul, affaires de cœur et vice-versa, golf et gestion de portefeuilles boursiers, épouses passée et présente, maîtresse intermittente et intéressée, portraits d'un pénis exigeant et d'une prostate qui, métastases aidant, aura le dernier mot. La vie continue, le temps passe, et la mort dont l'ombre plane est plus celle de l'individu que celle de la planète, laquelle s'en remettra. Des blocs narratifs erratiques sèment quelque confusion, récit d'un compagnon de Saint Paul ou d'un clerc confronté aux invasions normandes, plus, mais relié explicitement au récit principal, un très désagréable phantasme à propos de camps nazis.
     Les éléments relevant clairement de la SF sont bien là, mais en minorité. Le reste est tout à fait intéressant, entre bucolisme et vacherie, dans cette Nouvelle-Angleterre post-atomique. Et le mélange n'a rien de gratuit, ne serait-ce que parce que le décalage vers le futur permet de parler de l'âge et de la mort, avec une mise à distance minimale... Les amateurs du genre trouveront leur pitance, les ignares pourraient être désorientés, comme certain critique de Télérama qui, en sept lignes, commet une erreur factuelle et manifeste ses difficultés à appréhender un « curieux mélange d'obscénité et d'interrogation métaphysique », oubliant que c'est un cocktail des plus classiques, de Sade à Hardelet et au-delà.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/2001 dans Galaxies 21
Mise en ligne le : 4/9/2002


 

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