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L'Aube de Fondation

Isaac ASIMOV

Titre original : Forward the Foundation, 1993

Cycle : Fondation  vol.

Traduction de Jean BONNEFOY
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5619
Dépôt légal : mars 2001
480 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-266-06733-8   
Genre : Science-Fiction 


Autres éditions
   FRANCE LOISIRS, 1994
   in Le Déclin de Trantor, 2000
   in Le Déclin de Trantor, OMNIBUS, 1999
   in Vers Fondation, 2007
   POCKET, 1996, 1997, 1998, 1999, 2005, 2014
   PRESSES DE LA CITÉ, 1993

    Quatrième de couverture    
L'univers uni, c'est fini. L'Empire galactique se désagrège. Trente mille ans de chaos sont au programme. Et moi, j'en ai trop fait et je suis las.
Oui, je m'appelle Hari Seldon et je vois que ce nom vous dit quelque chose. Tout ce que j'ai fait, c'est de poser les équations et d'agir. Les équations ne mentent pas. D'ailleurs vous le savez.
Je ne voudrais pas jouer les prophètes, mais quand j'allume mon Premier Radiant, je lis l'avenir de l'humanité. Le chaos prévu sera réduit à un petit millier d'années. Je ne pourrai pas y veiller personellement, mais tout est en place.
Je me suis laissé accaparer par ma tâche et, à l'heure de partir, je regrette d'avoir négligé les gens qui m'accompagnaient. Mais ce n'est pas moi qui ai décidé. Les équations ne me laissaient aucune échappatoire.
Je continue à venir ici dans mon bureau. Je crois parfois y entendre résonner des voix, celles de mes parents, de mes étudiants, de mes collégues... de Wanda... mais les couloirs sont vides. La Fondation est faite et le bâtiment de psychohistoire ne sert plus à rien. La suite se passe ailleurs.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)  pour la série : Fondation
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)  pour la série : Fondation
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)  pour la série : Fondation
Denis Guiot, Stéphane Nicot & Alain Laurie : Dictionnaire de la science-fiction (liste parue en 1998)  pour la série : Fondation
Denoël : Catalogue analytique Denoël (liste)  pour la série : Fondation
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Fondation
Jean Gattegno : Que sais-je ? (liste parue en 1983)  pour la série : Fondation
 
    Critiques    
     Dernier de la saga écrit par Isaac Asimov avant sa disparition, ce roman en est probablement le plus testamentaire à tous points de vue. Positionné entre Prélude à Fondation et Fondation elle-même qu'il est préférable de lire auparavant, il lègue vraisemblablement l'opinion d'Asimov sur l'univers qui l'entoure. S'appuyant sur ce qu'il veut de profondément humain, et en s'identifiant possiblement dans une autre existence au service de l'humanité, l'auteur projette la vie d'adulte de son principal personnage, en quatre repères temporels de dix années chacun. Hari Seldon passera ces quarante années immergé dans des flots d'aventures autant familiales qu'impériales où, étonnamment, le superman Demezel, le robot humanoïde qui précédemment l'aidait tant, va perdre son imparable efficacité avant de disparaître de l'histoire. Écartelé entre sa famille, ses amis, ses études, ses mathématiques, ses théories et ses convictions sur son devoir envers l'univers, Seldon va souffrir. La densité des actions, parfois compactées en quelques pages, est assez éprouvante, mais l'aspect compassionnel n'est pas inintéressant, même si parfois il est un peu utopique comme cette promotion d'un jeune travailleur en mathématicien et psycho-historien. Soumis comme tous les hommes à l'exigence universelle du vieillissement Seldon va réussir son projet, mais le destin ne lui accordera pas autant de satisfactions qu'il eût pu l'espérer.
     La psycho histoire n'est pas sans intérêt dans ses avances, il faut noter qu'Asimov était un homme de science. Après avoir obtenu sa licence en Sciences à 19 ans et demi et son doctorat en Sciences chimiques en 1948 il tint un poste de professeur à l'université de Boston. Il a beaucoup écrit en vulgarisation sur le sujet. Ainsi peut-il arguer que les résultats statistiques ne s'appliquent qu'à une foule qui ne les connaît pas. Si ces résultats sont divulgués ils modifient le comportement du plus grand nombre et deviennent erronés. Ainsi sa psycho-histoire deviendra particulièrement intéressante pour les gouvernants et inutile pour les gouvernés. Encore ne pourrait-on pas imaginer que certains résultats, exacts ou faux, ne soient divulgués que pour modifier l'opinion générale. À noter que cette théorie ne s'applique pas aux individus eux-mêmes sur lesquels les calculs de probabilité sont identiques.
     Cette œuvre suit la tendance moderne qui place les héros dans les situations possiblement les plus pénibles. Asimov n'hésite pas à faire subir les pires sévices à Seldon et sa famille. La mort de sa femme, son fils, son empereur, son meilleur compagnon, la disparition de sa bru Manuella et de sa petite fille Bellis, etc... auraient pu être évitées sans nuire beaucoup à la qualité de l'œuvre singulièrement anticipatrice. C'est l'inexorable tragédie grecque du destin des héros que transcrit Asimov.
     La première partie de l'ouvrage débute sur la planète capitale Trantor huit années après Prélude à Fondation. Assisté par Demezel, premier ministre robot humanoïde et télépathe, Cléon Ier, règne sur un Empire galactique de plusieurs millions de systèmes solaires. Hari Seldon est enseignant chercheur à l'Université de Streeling et poursuit le développement de la psycho-histoire, procédé qui devrait pallier la dégénérescence de l'Empire. Celui-ci va mal et les collègues de Seldon trouvent que le premier ministre laisse faire. Un démagogue, Jo-Jo Joranum ( on ne sait où Isaac est allé chercher ce patronyme ) met en œuvre une ingénieuse tactique pour renverser le pouvoir en usant d'un prosélytisme éhonté. Seldon se heurte victorieusement à lui en faisant cesser une prise de parole proscrite dans son université. Hari est marié à Dors, autre robot femme ( mais le sait-il vraiment ) qui le protège constamment et dont il ne suit pratiquement pas les conseils avec toujours bonne raison. Tout à fait à l'inverse du roman précédent « Prélude à Fondation » le premier ministre, malgré ses dons de télépathie, semble totalement incapable de maîtriser la situation. Seldon doit alors s'impliquer dans une contre-offensive où il engage son fils adoptif Raych comme agent secret. Par une pirouette assez magique, à moins qu'elle ne soit diligentée par le robot télépathe Demezel, Seldon réussit et apparaît à l'empereur comme le remplaçant idéal du premier ministre, il est nommé à ce poste contre son gré. Malgré ce succès, les choses ne s'arrangeront pas. Ce segment de vie se terminera par la mort de l'empereur, conséquence d'une initiative fâcheuse et d'une évidence aveugle ; un jardinier très gentil ne veut pas devenir jardinier en chef ! Là Asimov a peut-être poussé le bouchon un peu loin (un effet papillon en quelque sorte). Évidemment, l'intrigue est un peu plus structurée. Une junte militaire a remplacé l'empereur. Sauvé par sa psycho histoire, Seldon récupère sa place à l'université. Peu après, à 66 ans, Seldon perd son meilleur collaborateur et ami Yugo Amaryl.
     Dans la quatrième partie, Seldon constate le naufrage de Trantor. La délinquance envahit les rues, l'insécurité s'étend, les habitants ne sortent plus le soir. Lui-même en ressent les effets en échappant à plusieurs attaques en pleine rue, aidé il est vrai par plusieurs parents ou amis. La justice elle-même piétine et Seldon est lui-même accusé en agresseur. Là aussi, Asimov en a peut être un peu trop fait. Son fils Raych veut s'expatrier à Santanni avec sa famille et invite son père à le suivre. Seldon refuse, il doit finir son projet et construire sa Fondation. Au dernier moment sa petite fille Wanda reste avec lui et montre ses premiers pouvoirs de télépathe. Aidée d'autres Mentalistes, elle bâtira la Deuxième Fondation imaginée par Seldon pour soutenir la Première qui va s'installer sur Terminus. Raych est tué sous des bombardements et le vaisseau chargé d'évacuer Manella son épouse et Bellis sa fille disparaît dans l'espace. C'est un complet désastre. Après un temps de deuil, Wanda réussit à tirer son grand-père de l'autisme où il est plongé et obtient, en combinant son don de télépathe avec celui d'un ami, la réintégration de Seldon et de son groupe chassés depuis peu de leurs locaux universitaires. Elle usera du même artifice pour transformer en mécènes les plus grands industriels de la planète. Asimov avait-il un don de prémonition. Les démarches du professeur-chercheur Seldon, sollicitant les plus grands entrepreneurs de la planète afin d'obtenir des fonds pour ses recherches, sont rentrées aujourd'hui dans nos habitudes.
     L'âge aidant le vieil homme va de plus en plus dans la tristesse et dans les regrets, il ne lui reste avec le premier radian que le solide espoir que son œuvre, qu'il considère aboutie, sera utile et appréciée.
     La saga Fondation est plus qu'une suite d'aventures, c'est un excellent raccourci sur les philosophies de l'homme, sur ses origines et son devenir. Merci Asimov.


Gérard BOUYER
Première parution : 1/4/2011 Présence d'Esprits 67
Mise en ligne le : 6/11/2011


 

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