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L'Année 1982-1983 de la Science-Fiction et du Fantastique

COLLECTIF

Textes réunis par Daniel RICHE




TEMPS FUTURS
Dépôt légal : avril 1983
304 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-86607-035-6   
Genre : Imaginaire 



    Quatrième de couverture    
     Plus de quatre millions de spectateurs ont vu E. T. en France en ce début d'année 1983. Dune, le best-seller de Frank Herbert que Dino de Laurentiis s'apprête à porter à l'écran, est sur le point de franchir en France la barre des 100.000 exemplaires. Aux Etats-Unis, la liste des best-sellers du New York Times comptait six ouvrages relevant de la science-fiction au mois de décembre 1982 tandis que les fabricants de jeux vidéo mettaient au point de nouveaux programmes inspirés de E. T., Tron ou La Guerre des Etoiles. Aujourd'hui, la science-fiction, c'est ça : un phénomène de société qui se double d'un immense marché. C'est de ce phénomène qu'entend rendre compte avec passion, conviction et sincérité L'Année de la science-fiction et du fantastique. Almanach, guide pratique, ouvrage de référence et instrument de travail, L'Année de la science-fiction et du fantastique 1982-83 est un livre qui se lit comme un roman et se conserve comme un passeport. Un « must » pour entrer dans l'avenir les idées claires et les yeux ouverts.

    Sommaire    
1 - Jacques GOIMARD, Préface, pages 5 à 6, Préface
2 - Daniel RICHE, Introduction, pages 7 à 8, Introduction
3 - Daniel RICHE, Ils voient de la SF partout, pages 10 à 12, Article
4 - Charles PLATT, Ron Hubbard, pages 12 à 25, Article, trad. Nathalie DUDON
5 - Scott BAKER, L'Explosion de la Fantasy aux U.S.A., pages 26 à 32, Article, trad. Nathalie DUDON
6 - Joël HOUSSIN, S.F. mode d'emploi, pages 32 à 35, Article
7 - Jean-Pierre HUBERT, Gélatine, pages 36 à 50
8 - John VARLEY, Le Ravitailleur (The pusher), pages 51 à 65

    Prix obtenus    
Gélatine : Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle / Short story, 1982
Passe le temps : Hugo, nouvelle / Short story, 1982, Locus, nouvelle / Short story, 1982, Science Fiction Chronicle, nouvelle / Short story, 1982
 
    Critiques    
     Comme annoncé depuis près d'un an, Daniel Riche a succédé à Jacques Goimard à la tête d'un almanach maintenant devenu une institution. Chaque année, grands et petits du milieu se rongent les ongles : que vont-ils y dire de moi ? Ils ne sont plus les mêmes cette année : une équipe réduite, pour plus d'efficacité dit-on.
     L'objet aussi a changé, surtout au niveau de l'aspect — ou devrais-je dire du « look », au vu de l'aggiornamento subi ? Si en effet le livre garde son format, et la typographie du titre, dès la couverture Siudmak fait place à un patchwork peu réussi de couvertures de livres et d'affiches de films. A l'intérieur, une nouvelle maquette autorise des illustrations, et des innovations bienvenues (changements de corps typographique) ou moins agréables (pages de publicité). L'ensemble en ressort avec un côté plus clinquant, plus à la mode, et moins académique, mais sans perte de lisibilité. Si les titres des rubriques sont plus enjoués, le classement en trois grandes catégories (écrits/images/faits et gestes) n'est pas moins efficace que les subdivisions précédemment plus éparpillées et plus précises.
     Et le contenu ? Dès la vue du nom de Temps Futurs, on s'affole : les libraires maudits ne font-ils pas le gros de leur chiffre d'affaires sur le comic-book et l'import bariolé de mauvais aloi ? N'ont-ils pas lancé deux collections dans le but avoué de flatter les bas instincts du public (et, blasphème, réussi une entreprise profitable ?) Riche lui-même ne sert-il pas d'alibi aux galipettes radiophoniques de Philippe Manœuvre ?... Trouble et émoi général.
     En ce qui me concerne, je pense que les amateurs de ciné de SF, de BD de SF et autres média peuvent toujours aller lire Starfix ou L'année de la BD ou une foule d'autres publications consacrées à ces modes d'expression exclusivement. Dans L'année de la SF, la littérature devrait prédominer : tel est mon préjugé.
     Et foin des inquiétudes infondées, un épluchage soigneux et quantitatif des diverses rubriques ne saurait leur donner substance. Les critiques de livres perdent bel et bien un peu de terrain en nombre de pages — mais beaucoup moins qu'entre les éditions 80-81 et 81-82 de L'année, toutes deux dirigées par Goimard pour Julliard, alors que la taille globale du livre augmentait ! Quant à l'ensemble des critiques de cinéma et de cassettes vidéo, il subit de fait une cure d'amaigrissement ; là encore, c'est entre les éditions 80-81 et 81-82 qu'il avait gonflé, plus précisément doublé en raison de l'introduction (déplorable à mon sens) des critiques de cassettes vidéo.
     La grande modification que l'on peut noter par ailleurs dans un ouvrage de taille médiane entre les éditions 80-81 et 81-82, c'est la diminution de la partie consacrée aux nouvelles (de 44 et 83 à 30 pages respectivement). Maintenant qu'Univers est annuel, je pense que Riche fait bien de choisir le terrain de l'ouvrage de référence plutôt que celui de l'anthologie. Parallèlement, les articles consacrés aux divers aspects anecdotiques de la vie du genre et « tribunes libres » en tous genres doublent ou triplent. Dans ce cadre, c'est à mon avis une excellente idée que d'avoir donné la parole à tous les directeurs de collection actifs en France (y compris le semi-pro Francis Valéry) et d'avoir invité des gens comme Bernard Blanc et Rolf Kesselring à glisser leur grain de sel, alors qu'il n'est guère plus question d'eux ces temps-ci. Et pourtant je ne peux être d'accord avec eux ; Kesselring notamment ne peut être crédible quand il fait part de ses opinions sur la conservation du Musée d'Ailleurs, quand on sait comment il a « conservé » ses maisons d'éditions successives !
     La réduction de l'équipe a peut-être joué un rôle dans le côté plus polémique (voire plus partial), mais aussi plus humoristique, du ton général. Les directeurs de collection en particulier ont l'air de parler du cœur, et c'est fort bienvenu (Gérard Klein flétrira-t-il l'ensemble comme « un fanzine » ?).
     Enfin, L'année remplit-elle toujours son rôle critique et documentaire ? Le rôle critique, toujours fort mince dans le passé, l'est encore plus ici — on ne trouve guère qu'un article de Scott Baker qui a le mérite de nous initier aux nuances au sein de l'ensemble qui pourrait nous paraître indifférencié de la « fantasy » anglo-saxonne. A ce propos, un gros reproche à Daniel Riche sur son souci de coller à la mode : il claironne sans guère de fondement la mort de la SF classique pour annoncer l'avènement de l'heroic fantasy et des œuvres de délassement... Mais il souffle aussi une vague de pessimisme et, plus grave, d'opportunisme sur bien des spécialistes français qui vendent un peu vite la peau du vieil ours SF, voire qui la lui arrachent gaiement du dos, malgré leurs assurances d'affection.
     Le rôle documentaire est, lui, assuré. Le volume des critiques de livres est stable, grâce à l'emploi de plus petits caractères. Le système des trente « hits » est plus discutable : comme si l'on pouvait ainsi saucissonner le niveau d'importance des livres... Les livres restants ont droit à des notules brèvissimes, parfois spirituelles, et ne s'en sortent finalement pas plus mal que les Fleuve Noir les années précédentes. Mais comme on ne peut guère parler non plus de profondeur dans la présentation des « hits », on finit par se demander si le système ne sert qu'à inclure des reproductions de couvertures. Et puis, trente « hits » pour les livres seulement, contre vingt pour les films, cela conduit, vu les productions respectives, à accorder le statut de « hit » à L'épée sauvage et L'incroyable alligator alors qu'il est refusé à L'orbe et la roue ou à L'invasion divine ! Ce sont de tels petits détails qui pourraient faire injustement déconsidérer le travail de Riche et de son équipe, Guiot et Villemur en particulier, responsables d'un impressionnant travail de recherche de la SF et du fantastique hors collections pour la liste commentée des parutions.
     Le reste est détail : une bonne chronique britannique et une mauvaise américaine — sans surprise, cela tient à l'identité de leurs auteurs respectifs ; les fort utiles listes d'adresses de Dominique Martel, qui justifient un peu plus la réputation d'annuaire de L'année ; encore des concessions au sensationnalisme et au gadget (respectivement l'interview de Hubbard et les chroniques sur les jouets ; on croirait les articles de modélisme de La vie du rail...) L'année de la SF est toujours là, et si elle déchaîne les polémiques plutôt que de les étouffer, tant mieux : il ne manque pas d'endroits pour répondre.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/9/1983 dans Fiction 343
Mise en ligne le : 9/2/2006


 

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