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Annuaire bibliographique de la S.F. et du fantastique 1986

Bernard GOORDEN



Illustration de KINET

RECTO VERSO (Bruxelles, Belgique), coll. Ides et Autres n° 51/52
Dépôt légal : 1986
288 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant   
Genre : Imaginaire 



    Quatrième de couverture    
Pas de texte sur la quatrième de couverture.
 
    Critiques    
 
     Depuis plus de dix ans, Bernard Goorden et son ami Jacques Van Herp, ainsi qu'Alain Walsh, de la librairie bruxelloise Malpertuis, animent le Centre de Documentation de l'Etrange, un fonds d'informations indispensable. Leur feuille trimestrielle, qui suit de près la vie des fanzines et la production éditoriale, est déjà un trait d'union primordial entre amateurs de littératures de l'imaginaire. Mais depuis trois ans, les compilations de l'équipe débouchent aussi sur un annuaire bibliographique, dont l'édition 86 — qui regroupe les publications 85 — , est sortie récemment. Il faut souligner la qualité de ces annuaires, qui multiplient les entrées (auteurs, titres, sujets, illustrateurs, traducteurs, collections, ...), pour un recensement ambitieux : romans, recueils, anthologies, périodiques, matériel critique.
     Cependant, Goorden n'est pas que documentaliste. Sa collection littéraire Ides... et autres, riche de plus de cinquante volumes de facture semi-pro, est essentielle, par exemple si l'on veut connaître de l'intérieur le fantastique latino-américain. La pluie de feu, qui rassemble quinze nouvelles de Leopoldo Lugones (1874-1938), en est une nouvelle preuve. Goorden fait découvrir ici un écrivain à part entière et dont les récits, à thématique légendaire ou biblique, à tonalité souvent occultiste, drainent aussi des sujets qui, de la bibliothèque infernale au labyrinthe, présentent de curieuses analogies avec ceux de son grand cadet, Jorge Luis Borges auquel, d'ordinaire, on ramène trop exclusivement le fantastique argentin.
     Autre publication notable, en nos temps d'heroic fantasy triomphante : l'étude d'Alain Zamaron sur Le monde d'Abraham Merritt a les mérites d'essayer d'y voir clair dans la vie de cet auteur, peu connue jusqu'ici, et de montrer comment, à partir d'éléments repérables (lieux géographiques précis, civilisations disparues, emprunts mythologiques), Merritt a concocté une mythologie originale en un espaçe neuf. Cet ouvrage s'accompagne d'une bibliographie fort complète, et du fac-similé de critiques journalistiques des années 20, quand Merritt publiait La nef d'Ishtar, ou Sept pas vers Satan.
     Quant à Jacques Van Herp, il publie chez Goorden son Je sais tout, le roi des magazines. Il y démontre que, du début de ce siècle à 1925, la SF eut en France des supports de choix, grâce à des revues telles que Lectures pour tous, Je sais tout et Les Œuvres Libres. Il en décortique la production avec alacrité, et quelques coups de dent bien à sa manière.

Alain DARTEVELLE
Première parution : 1/7/1987 dans Fiction 388
Mise en ligne le : 2/2/2015


 
[ Critique commune de :
ECRITS SUR LE FANTASTIQUE par Norbert SPEHNER
note nooSFere]

     Deux ouvrages de référence, donc, et à vocation essentiellement bibliographique. Deux outils de travail, pour le chercheur ou le critique — mais pas véritablement destinés au lecteur de base, me semble-t-il. Ils n'en sont pas moins indispensables à celui qui désire approfondir son étude ou sa connaissance des genres.
     L'annuaire de Bernard Goorden, compilé à Bruxelles sur les fichiers informatisés du Centre de Documentation de l'Etrange, en est à sa troisième édition. A chaque année qui passe, ce fort volume grossit légèrement. Neuf index, dont le petit dernier, inauguré pour cette édition, concerne les références des publications originales des textes courts parus en français durant l'année 1985. L'index des éditeurs comporte désormais leur adresse. Bref, cet annuaire vaut bien son poids et les informations qu'il contient revêtent un caractère de sérieux qui en font une référence « incontournable » — comme l'on dit de nos jours.
     Je reprocherai à Bernard Goorden, et il le sait, une inutile charge contre les critiques, figurant dans l'introduction du volume. « Nous ne sommes pas les seuls, affirme-t-il, à déplorer le fait que, dans nombre de cas, le compte-rendu d'une œuvre ne permet pas au lecteur potentiel d'avoir une idée des thèmes abordés. » Je vais bien entendu me donner l'air de prêcher pour ma paroisse. Tant pis. Il me semble qu'il y a pour le moins confusion : au moins sur ce que l'on entend par critique au pire sur le rôle de celle-ci même lorsqu'elle est perçue clairement. La leçon, puisque leçon il y a, donnée aux critiques en « déplorant » l'absence de renseignements sur les thèmes abordés dans les ouvrages critiqués, soit se trompe d'objectif, soit manifeste une vision réductrice de la critique. Car de quoi parle-t-on ? N'y aurait-il pas, ici, une assimilation abusive de la critique littéraire au simple compte-rendu de lecture ? Je respecte les chroniques SF de la presse traditionnelle (lorsqu'elles existent et savent de quoi elles parlent, comme celle de Jean-Claude Vantroyen dans LE SOIR de Bruxelles ou celle de Jouanne dans LE MONDE) mais elles ne peuvent prétendre au statut de critique littéraire : il s'agit de journalisme. Si cette distinction n'est pas faite dans le chef du responsable de l'Annuaire, elle manifeste de l'erreur d'objectif (et je renverrai le lecteur de FICTION à un mien article paru ici-même en 1983 : « SF et Critique »).
     Si par contre Bernard Goorden envisage l'ensemble de la critique, même celle, trop rare hélas, qui dépasse ce simple compte-rendu journalistique et atteint à l'analyse, alors il y a réellement problème quant aux perceptions du rôle de celle-ci. Si faire de la critique doit se résumer à dresser des catalogues thématiques, elle ne dépassera jamais le contenu de l'Annuaire, précisément ! Je puis comprendre que pour dresser un index matières, on ait besoin de ce type de renseignements — et les index de l'Annuaire sont fort complexes et demandent certainement beaucoup de travail. Mais j'ai la faiblesse de penser que la critique est quand même autre chose, qu'elle sert d'autres buts et montre une autre approche de la chose littéraire que celle qui est strictement catalographique. Au risque de lasser, je répète que les approches du critique et du bibliographe sont valables et nécessaires toutes deux : elles se complètent. Mais elles ne doivent pas être confondues. Une critique qui ne serait qu'une aide au fichage pourrait se contenter de recopier les dos de couverture et les prières d'insérer. (Et parfois...) Dès lors pourquoi une rubrique critique dans une revue littéraire : les pubs des éditeurs la remplaceraient avantageusement...
     La critique à laquelle je pense contribue à recréer l'œuvre envisagée en en donnant une relecture (subjective) qui comme toute lecture propose de l'ouvrage considéré une autre vision que celle de l'auteur. Elle contribue donc à tisser autour des œuvres l'environnement nécessaire à leur existence même. La critique littéraire, ou artistique, de bon niveau est elle-même une création et ne saurait se confondre avec la tâche nécessaire de dresser des catalogues raisonnes. Renseigner le consommateur est relativement simple pour des autoradios ou des lave-vaisselles, mais aucun mouvement consumériste ne verra jamais le jour en matière littéraire pour la bonne et simple raison que toute lecture est différente, que toute œuvre est perçue de manière aussi diverse qu'elle possède de lecteurs. Un guide pourra recenser des informations bibliographiques, jamais des appréciations subjectives. Je crois dès lors qu'il n'y a pas lieu de donner de leçons aux critiques : leur approche se doit d'être personnelle, à l'écart de tous les carcans possibles et imaginables. Une analyse approfondie, de niveau universitaire, d'un auteur ou d'une œuvre, pourra toujours être remise en question par l'analyse suivante. C'est le jeu.
     L'ouvrage de Norbert Spehner (qui fut le fondateur et le responsable des années durant de REQUIEM puis de SOLARIS) est également un catalogue de références. Il se limite dans l'objet étudié par un choix de genre, le Fantastique, et un choix de corpus : les études et essais sur ce genre. Enfin, il s'insère dans une fourchette chronologique : ce qui est paru entre 1900 et 1985. Cette bibliographie est structurée en deux parties : la première s'attache aux études générales (jusqu'à un choix de thèses inédites, qui pourrait être facilement développé — rien qu'en Belgique, déjà...) et la seconde recense les études consacrées à des écrivains particuliers (mille études, deux cents auteurs à peu près). Trois index complètent le tout : auteurs des travaux, écrivains étudiés et périodiques.
     Il serait vain de souligner ce qu'un tel guide comporte de nécessairement incomplet. L'auteur est le premier à s'en rendre compte. Non seulement des ouvrages de théorie littéraire ne cessent jamais de paraître, particulièrement dans les domaines dits « paralittéraires » depuis que l'Université s'en préoccupe, mais même sur la période considérée certains essais échappent quasi inéluctablement au bibliographe. Il n'en demeure pas moins que l'existence de ce petit pavé (grosso modo 350 pages) comble un vide et ravira les amateurs. Et Norbert Spehner annonce déjà un second volume dans la même collection : Ecrits sur la science-fiction.
     Cette collection « Paralittératures » annonce deux séries : l'une consacrée aux essais et études, qui démarre ici, et l'autre aux romans ressortissant des différents genres paralittéraires. Le deuxième titre de la première série est déjà prévu, il sera consacré au roman historique.

     (*) Bernard Goorden mis au courant des termes de cette critique, les comprend et les approuve dans une large mesure.

Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/5/1987 dans Fiction 386
Mise en ligne le : 14/2/2015


 

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