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Ah ! Que c'est beau New York

Philippe CURVAL



Illustration de Philippe GUEROULT

DENOËL (Paris, France)
Dépôt légal : mars 1983
208 pages, catégorie / prix : 64 FF
ISBN : 2-207-22871-1   



    Quatrième de couverture    
     Denis Lyons avait soigneusement bouché ses fenêtres au mastic. Il avait peint les vitres en noir et se préparait à murer la porte de son appartement pour éviter que son espace vital ne continue de fuir. La sonnette d'entrée retentit. C'était peut-être le seul incident qui puisse encore le sauver. Il ouvrit. La télégraphiste lui tendit un bleu. Il venait des États-Unis et disait : « Jeanne décédée hier soir. Peux-tu venir ? Nous l'enterrons dimanche. » Alors, Denis retrouva ses esprits ; plaqua la boutique, les dettes, la détresse et s'embarqua par le premier avion à la recherche de sa femme morte et de leur amour oublié depuis vingt-cinq ans. Il voulait savoir pourquoi l'attrait de l'Amérique avait été jadis le plus fort et comment Jeanne avait vécu là-bas. Savoir s'il existait encore un espoir. Ses pensées suicidaires semblaient disparues. Mais c'était une véritable bombe à retardement qui s'envolait pour New York.
     Philippe Curval est connu comme un grand romancier de science-fiction. Son œuvre est aujourd'hui traduite dans une dizaine de langues. Parallèlement à elle, il a toujours écrit des romans, comme La Forteresse de coton ou Attention les yeux, où l'imaginaire se mêle encore plus étroitement au réel pour faire éclater les apparences. Ah ! que c'est beau New York se présente comme une enquête désespérée à travers les États-Unis, de la Louisiane à New York en passant par la côte californienne, où Curval, vpyeur impénitent, traque les images du mythe américain ordinaire. Elle se résout à New York où explosent les phantasmes de notre vieux monde agonisant.
 
    Critiques    
     Tout commence avec Denis Lyons, un pâtissier en faillite qui glisse dans la folie et l'obsession, et se trouve brutalement ramené dans une sorte de monde réel par le télégramme lui annonçant la mort de sa femme, qui l'avait quitté vingt-cinq ans auparavant pour aller vivre aux Etats-Unis. Commence alors un voyage luxueusement décrit qui rappelle bien des promenades surréalistes commises par Curval, mais n'en a pas la brillance : alors que l'on peut décrire une ville que l'on connaît en en évitant les traits majeurs, évidents, pour se concentrer sur les détails à l'écart des sentiers battus de la vision, on tombe quand on découvre un pays dans maint panneau (voire les panneaux publicitaires).
     Et Curval de nous donner un carnet de voyages, qui ne reprend vie que quand le voyage sans but se transforme en enquête — Lyons veut tout savoir de la vie de sa femme, qui partie enceinte a mis au monde un enfant de lui ; et il entreprend une course folle à travers les Etats-Unis. La transition n'est pas sans cassure : on s'attend dans un polar à ce que tout ce qui est signalé soit un indice, et ce ne saurait être entièrement le cas ici. Il faudra attendre le feu d'artifice final et — enfin — bien new-yorkais pour basculer à nouveau dans la folie. Perversion personnelle ? J'aurais aimé y passer plus longtemps.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/10/1983 dans Fiction 344
Mise en ligne le : 14/1/2006


 

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